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Afin de préserver ses intérêts stratégiques au Sahel, Alger a dépêché à Niamey une formation aérienne composée de Sukhoi et d’Iliouchine au lendemain d’une tentative de putsch. L’initiative marque une rupture dans la tradition algérienne de non-intervention militaire à l’étranger.
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Le président Abdelmadjid Tebboune le 13 juin 2024. L’Algérie, dimanche 30 août, est entrée dans une nouvelle ère : celle d’un interventionnisme militaire, revendiqué et ostentatoire, hors de ses frontières. Car le détachement aérien dépêché à Niamey, capitale du Niger, au lendemain d’une tentative avortée de putsch ciblant la junte au pouvoir, ne se distingue pas seulement par le nombre et la qualité de ses appareils : quatre chasseurs Soukhoï Su-30 flanqués d’un Iliouchine Il-76 de transport militaire et d’un Iliouchine Il-78 de ravitaillement en vol.
Il consacre surtout une inflexion majeure dans la doctrine stratégique de l’Algérie, jusque-là bloquée dans une rhétorique anti-interventionniste, héritage de son tiers-mondisme militant des années 1960. « L’Algérie sort de sa réserve stratégique et cela représente un changement de paradigme », analyse Akram Kharief, expert algérien sur les questions de sécurité et fondateur du site Menadefense.net.
Le détachement aérien débarqué dimanche matin sur l’aéroport international Diori-Hamani, à Niamey, n’a pas participé aux combats puisque les mutins avaient été défaits la veille. Après une journée de confusion, la rébellion avait été matée à la suite d’un assaut de la garde présidentielle du chef de l’Etat Abdourahamane Tiani, épaulée d’une manière décisive par environ 200 combattants russes de l’Africa Corps. Mais la médiatisation à laquelle se sont livrées conjointement les autorités d’Alger et de Niamey ne laissait guère de doute sur la volonté d’adresser un message politique, à l’intérieur comme à l’extérieur du Niger.
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