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Après une récolte souvent médiocre en 2025, les producteurs de bleuets des provinces maritimes anticipent la prochaine saison avec une certaine appréhension.
Au Nouveau-Brunswick seulement, l’association qui représente les producteurs, Bleuets NB, a estimé que plus de 65 % de la récolte de l’année dernière a été perdue.
Les trois dernières années, en moyenne, on avait 68 millions de livres de production de bleuets sauvages du Nouveau-Brunswick. L'année passée, on en a eu 21 millions, a affirmé vendredi le directeur général de Bleuets NB, Donald Arseneault.

Le producteur de bleuets Peter Handrahan fait partie de la West Prince Berry Co-op, à l'Île-du-Prince-Édouard.
Photo : Radio-Canada
Rencontré à Moncton, au Nouveau-Brunswick, où il assistait vendredi dernier à la Conférence maritime des bleuets sauvages, Peter Handrahan, de Tignish, à l’Île-du-Prince-Édouard, est un de ceux pour qui la saison dernière a été à la hauteur des attentes.
Si la majeure partie de sa province a connu une baisse de production due à la sécheresse, sa région a reçu des averses aux bons moments.
La pluie a été au rendez-vous en quantité suffisante, mais ce ne sera peut-être pas le cas cette année. Peter Handrahan rappelle qu’il est difficile de prévoir les sécheresses.
Actuellement, le niveau d'eau dans sa région est inférieur à la normale, dit-il.

Peter van Dyk, producteur de bleuets en Nouvelle-Écosse, rencontré le 10 avril à la Conférence maritime des bleuets sauvages, qui se déroulait à l'hôtel Delta de Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
En Nouvelle-Écosse, le propriétaire des Bleuets Van Dyk explique que le grand territoire où son entreprise familiale cultive – de Yarmouth jusqu’au Cap-Breton – a permis de limiter les pertes à environ 10 %.
Il craint sérieusement pour l'avenir de certains de ses voisins un peu partout dans sa province.
Peter van Dyk se demande comment un producteur peut trouver l’argent pour investir dans de nouveaux plants ou dans de coûteux systèmes d’arrosage pour contrer les effets des sécheresses après avoir encaissé des pertes de 70 % ou plus.

William Gosselin, producteur de bleuets dans la région de Saint-Isidore, était vendredi dernier à la Conférence maritime des bleuets sauvages, à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Selon William Gosselin, un producteur de la Péninsule acadienne qui récolte une certaine quantité de bleuets dans la région de Saint-Isidore, les effets des conditions climatiques de l’an passé se feront encore sentir cet été puisqu'il faut prévoir deux ans entre la mise en sol des plants et la récolte de bleuets.
Le plant a été beaucoup stressé à cause de la sécheresse, du manque d'eau, explique-t-il. On va donner un peu plus d'azote pour donner un regain de vie.
Surtout, les feux de forêt n’ont pas aidé, ajoute William Gosselin.
À cause des incendies, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a restreint l’été dernier l’accès aux terres de la Couronne.
Or, les mesures contre les feux de forêt ont été décrétées à un moment particulièrement inopportun.

Donald Arseneault, directeur général de l'agence Bleuets NB, le 10 avril à la Conférence maritime des bleuets sauvages.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
L’industrie loue près de 8500 hectares de terres de la Couronne, soit 21 000 acres de bleuetières. Les activités sur ces terres ont été interdites à un temps où on se préparait pour faire la récolte, donc on a perdu cette semaine-là, dit Donald Arseneault, directeur général de l'agence Bleuets NB.
On peut juste récolter pour trois, quatre semaines. On enlève du temps là-dessus, ça serait encore plus difficile pour nos fermiers, dit-il. Ensuite, l’accès aux terres a été autorisé, mais la nuit seulement.
Juste aller récolter les bleuets sauvages de 10 h le soir à 6 h le matin, c'est pas évident non plus, indique Donald Arseneault. On a des gens dans le milieu du bois, où est-ce qu'il y a des ours, des coyotes, ainsi de suite, puis tu es tout seul en train de récolter.
Bleuets NB aimerait que le gouvernement revoie sa politique si les mêmes circonstances se répétaient.
D’après le reportage de Frédéric Cammarano


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