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Politique 14/04/2026 09:19 Actualisé le 14/04/2026 09:50
La présidente de l’Assemblée nationale se dit « déçue » que le texte n’ait pas abouti, et pointe « la responsabilité du gouvernement » dans ce raté.

Capture RTL
Yaël Braun-Pivet le 14 avril sur RTL.
Bonne ambiance en macronie. L’échec de la proposition de loi sur le 1er mai, qui devait faciliter le recours à la main-d’œuvre salariée en ce jour symbolique de défense des droits des travailleurs, ravive les débats au sein du « bloc central ». Après Gabriel Attal, qui a dénoncé une « absurdité politique » en « déplorant » une décision qui « pénalise l’ensemble des artisans boulangers et fleuristes », Yaël Braun-Pivet dénonce, elle, un problème de méthode.
« Je suis déçue parce que c’est un échec de la concertation », a déclaré la présidente de l’Assemblée nationale ce mardi 14 avril sur RTL. Selon la présidente de l’Assemblée nationale, ce retour en arrière du gouvernement est « symptomatique » de la situation politique actuelle : « On ne discute pas, on ne dialogue pas ». Avec des mots particulièrement durs contre Sébastien Lecornu, qui expliquait la veille qu’il faut « être pragmatique ».
« C’est la responsabilité du gouvernement qui n’a pas négocié avec les organisations syndicales alors qu’il avait plus d’un an pour le faire », a tancé Yaël Braun-Pivet, rappelant que le texte a été voté il y a plus d’un an au Sénat et que des concertations auraient été possibles depuis lors. Quant aux députés, ils disposent de la proposition de loi depuis le mois de janvier. « On se met à négocier le vendredi soir. Mais c’est trop tard ! », regrette encore la présidente de l’Assemblée.
Elle en est convaincue : il aurait davantage fallu « écouter le Parlement et les organisations syndicales ». « Je n’en peux plus de ce pays où les gens ne se parlent pas, on ne peut pas réformer si on ne se parle pas », poursuit-elle. Avant d’enfoncer un dernier clou sur le cercueil du gouvernement : « C’est une question de méthode, ce n’est pas la bonne. »
« Capitulations »
Pour surpasser cet échec, Gabriel Attal appelle le Premier ministre à « donner instruction aux administrations et aux inspections concernées de ne pas sanctionner les artisans qui feront le choix d’ouvrir le 1er mai prochain ». Une manière, en réalité, de demander au gouvernement de ne pas respecter la loi puisque celle en vigueur actuellement ne permet pas de faire travailler un salarié le 1er mai.
L’une des plus proches de l’ancien Premier ministre, la députée Prisca Thévenot, s’en prend encore plus durement au gouvernement Lecornu, l’accusant de « reculer encore face aux injonctions de la gauche ». Des mots finalement proches de ceux du patron de LR Bruno Retailleau, qui estimait lundi dans la soirée que « la France a besoin de courage politique, pas de capitulations à répétition ». Avant d’ajouter : « Une fois de plus, face aux pressions syndicales et de la gauche, l’exécutif recule. »
De l’autre côté du spectre politique, la gauche et les syndicats ont largement salué la décision du Premier ministre de revenir sur le texte, qu’ils avaient réclamé. « Non cette loi n’était pas faite pour les artisans, mais pour les grands groupes. Il ne fallait pas remettre en cause 140 ans de conquête pour les travailleuses et les travailleurs », s’est par exemple félicitée la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Comme tous les ans, elle appelle à la mobilisation le 1er mai partout en France.


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