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Après la mobilisation du 24 octobre, l’exécutif doit maintenant trouver les remèdes à la fièvre sociale

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Politique 25/10/2026 13:10 Actualisé le 25/10/2026 16:03

Malgré un contexte sécuritaire pesant, et de larges restrictions, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont encore rassemblées à travers la France pour se faire entendre du gouvernement.

Après une nouvelle poussée, l’exécutif doit maintenant trouver les remèdes à la fièvre sociale (Macron et Lecornu le 23 mars)

LUDOVIC MARIN / AFP

Après une nouvelle poussée, l’exécutif doit maintenant trouver les remèdes à la fièvre sociale (Macron et Lecornu le 23 mars)

Soulagé, oui, mais pas seulement. Le gouvernement peut se réjouir d’une chose ce dimanche 25 octobre : une semaine après un fiasco sécuritaire commenté partout dans le monde, la stratégie stricte qu’il a choisi d’employer pour encadrer les manifestants et prévenir les éventuelles exactions a, semble-t-il, porté ses fruits. « Les cortèges se sont bien passés », s’est par exemple félicité Laurent Nuñez, loin des scènes de chaos des jours plus tôt, mais avec de nouveaux blessés graves.

Il faut dire qu’Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu avaient mis les bouchées doubles pour que ne se reproduisent pas les épisodes de pillage et de violences qui ont sidéré le pays. Le chef de l’État a notamment réclamé l’interdiction de toutes les manifestations (hors syndicales), assurant que ce n’était pas « le moment », tandis que certaines préfectures se sont appliquées à compliquer l’organisation des rares événements autorisés.

Malgré cela, le plus dur commence pour le couple exécutif, sommé plus que jamais d’entendre les revendications des jeunes et de ceux qui se mobilisent. Car, en dépit de ces restrictions particulièrement sévères, les dispositifs de maintien de l’ordre impressionnants (militaires, Raid, hélicoptères, blindés…) et le temps pluvieux partout en France, propres à décourager les manifestants, ceux-ci ont de nouveau répondu présent.

Lecornu sous haute pression

Au total, la CGT a comptabilisé 800 000 personnes mobilisées dans le pays, autant qu’une semaine plus tôt, dont 250 000 à Paris, où les reporters ont pu constater la détermination grandissante des participants. De son côté, le ministère de l’Intérieur a dénombré 410 000 manifestants, contre 550 000 la semaine dernière. Une nouvelle démonstration de force qui surprend les observateurs à six mois de l’élection présidentielle, a fortiori dans un contexte pesant, et qui ne sera pas cette fois-ci occulté par les images de violence.

Désormais, le gouvernement doit trouver des réponses à leurs revendications, qui sont certes diverses, mais convergent toutes autour du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale. Ainsi, les organisations étudiantes et lycéennes attendent Sébastien Lecornu au tournant, lundi, le Premier ministre s’étant résolu à les recevoir à Matignon, plus d’un mois après le début des blocus. Avec quel résultat ?

Pour l’heure, peu d’informations fuitent sur les plans du gouvernement, qui a longtemps sous-estimé la colère des jeunes, et pas uniquement, puis ses potentielles conséquences cet automne. En guise de pistes, Emmanuel Macron s’est dit favorable à une « refonte profonde » de Parcoursup, le système d’orientation honni des lycéens, après avoir reçu leurs représentants vendredi, tandis que certaines sources au sein de l’exécutif font savoir à la presse ces dernières heures qu’une hausse anticipée du SMIC serait à l’étude. C’est une des revendications de la CGT. Charge à Sébastien Lecornu de trancher.

La fièvre peut s’installer

La pression est intense sur le locataire de Matignon. Sans marge de manœuvre financière ni politique (car privé de majorité à l’Assemblée nationale), le voilà aux prises avec un mouvement social massif, assez imprévisible et qui menace de s’installer dans la durée. Les gilets jaunes reconstitués ont déjà annoncé une nouvelle mobilisation le samedi 31 octobre, dans une semaine, pour dénoncer « le mépris, le refus d’écouter, le mensonge et la répression » du gouvernement. Les mêmes critiques qu’en 2018.

Les syndicats de salariés, peu satisfaits par leur réunion avec le chef du gouvernement la semaine dernière, prendront ensuite le relais avec une journée de grèves et de manifestations le jeudi 5 novembre. Quant aux organisations étudiantes et lycéennes, elles se disent déjà prêtes à reprendre les actions de blocus et autres rassemblements dès la fin des vacances scolaires, lundi 2 novembre, si elles estiment trop faible la réponse de Sébastien Lecornu.

Présent dans le cortège parisien, comme la cheffe des écologistes Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon a appelé Emmanuel Macron à « céder » face aux revendications encore exposées samedi. « Il est temps » car « après, il ne lui restera plus que la porte de sortie », a lancé le candidat de la France insoumise à la présidentielle, pour qui le couple exécutif doit « comprendre » que ces mobilisations vont « se répéter toutes les semaines. » Après cette nouvelle poussée de fièvre, la parole est au Premier ministre.

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