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Politique 28/06/2026 16:06 Actualisé le 28/06/2026 18:26
Les températures anormalement élevées de ces derniers jours ont provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes. À gauche notamment, on dénonce une « inaction ».

BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP
Sébastien Lecornu le 24 juin à Paris.
EN BREF • La canicule a causé au moins 1 000 décès supplémentaires en France, relançant les critiques sur l’inaction du gouvernement.
• Les oppositions politiques dénoncent une gestion insuffisante, notamment dans les quartiers populaires et pour les sans-abri.
• Le gouvernement défend ses mesures, malgré des coupes budgétaires sur la rénovation énergétique.
L’heure du bilan a sonné. Après plus d’une semaine de températures caniculaires qui font suffoquer la France, et prouvent une nouvelle fois la réalité du dérèglement climatique, les premières estimations du nombre de victimes commencent à tomber. Et elles sont dramatiques. Depuis mercredi, au moins 1 000 décès supplémentaires ont été observés par rapport à la normale, selon Santé Publique France, avec une hausse de 40 % des décès à domicile.
Voilà de quoi relancer le procès en inaction instruit contre le gouvernement. Pour la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier, « il faudra faire toute la lumière sur le bilan humain très lourd qui s’annonce pour déterminer les responsabilités politiques ». Elle estime ce dimanche 28 juin que « certains devront en tirer les conséquences ». « L’impréparation totale de nos gouvernants » étant, selon elle, en cause. « Notre pays va compter ses morts et (re)découvrir que l’inaction climatique tue », acte-t-elle.
Des critiques également formulées du côté de La France insoumise, où la vice-présidente de l’Assemblée nationale Clémence Guetté juge que la gestion de la canicule par le gouvernement a été « une catastrophe ». « Beaucoup de morts auraient pu être évitées et le gouvernement a une lourde responsabilité », a ajouté la députée Aurélie Trouvé sur LCI, listant les décès « dans les quartiers populaires », où les logements sont souvent moins bien isolés qu’ailleurs, et « dans la rue ». À Argenteuil, deux hommes sans-abri sont décédés cette semaine.
À l’extrême droite, le député RN Laurent Jacobelli a lui aussi dénoncé l’« incompétence » du pouvoir, renvoyant la responsabilité du nombre de morts sur « tous ceux qui ont refusé de climatiser les bâtiments publics », soit le « gouvernement actuel » et « les précédents ». « La plupart de ces morts auraient pu être évitées », a aussi affirmé Jean-Philippe Tanguy sur BFMTV. Il accuse les ministres de vivre « dans un monde parallèle ». « C’est considérable, c’est odieux, c’est insupportable », dit-il au sujet des 1 000 morts annoncées.
Forcément, au gouvernement, on assure que tout a été mis en œuvre pour tenter de sauver un maximum de vies. « Non ce n’est pas un fiasco, a déminé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez dans les colonnes du Parisien samedi. Tous les services ont répondu présent, car nous étions préparés, contrairement à ce que certains politiques racontent ». Cette semaine, Sébastien Lecornu a fustigé les « inspecteurs de travaux finis ».
Le coup de rabot au Fonds vert critiqué
Le Premier ministre a bien tenté d’apparaître comme mobilisé, en cherchant à ne pas reproduire certaines erreurs commises par ses prédécesseurs comme l’ex-ministre de la Santé Jean-François Mattei qui était apparu en polo dans sa maison de vacances du Var à la télévision en août 2003, en plein pic de canicule. Il a ainsi multiplié les cellules interministérielles de crise ou encore annoncé la commande de 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux.
Problème : sa communication s’est heurtée à certaines décisions prises par son propre gouvernement quelques jours plus tôt, comme le nouveau coup de rabot apporté à MaPrimeRénov’ ou au Fonds vert, censé aider les communes à financer la rénovation de leur bâti. Celui-ci passera de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 837,5 millions en 2026. Une « ineptie », pour Marine Tondelier, candidate à l’élection présidentielle, qui dénonce « la lâcheté de l’État face aux lobbies climaticides ».
Le chef de l’État, de son côté, a fait valoir cette semaine le « gros travail » d’adaptation réalisé selon lui depuis 2017. Tout en anticipant les critiques émises contre son bilan (largement insuffisant selon les ONG environnementales) : « On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et dans notre histoire ». Des vagues de chaleur comme celle que nous avons connue cette semaine sont amenées à se reproduire. Et avec elle, son lot de critiques.


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