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La députée estime que « le combat ne fait que commencer » après l’adoption de la loi « intégrale » sur les violences sexuelles, et pointe la question du budget.

THOMAS SAMSON / AFP
Clémentine Autain à l’Assemblée nationale, lors de l’examen de la loi « intégrale » sur les violences sexuelles, le 13 octobre dernier.
Clémentine Autain appelle à ne pas relâcher les efforts. Une semaine après l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi « intégrale » sur les violences sexistes et sexuelles, la députée (L’Après) de Seine-Saint-Denis incite à rester attentif jusqu’à ce que le texte soit financé. La proposition de loi doit, par ailleurs, encore être examinée au Sénat.
« La question du budget est primordiale. Sans financement, cette loi ne sera pas appliquée, on ne sera pas au rendez-vous de l’histoire », alerte Clémentine Autain dans les pages du Nouvel Obs, ce mardi 20 octobre. Si la députée qualifie le texte de « progrès » et de « victoire », l’élue demande aussi des « moyens » pour qu’il soit effectif.
« Pour qu’elle puisse avoir des effets concrets, il faut créer 5 000 à 6 000 postes d’officiers de police judiciaire et 800 à 1 200 postes de magistrats. Il faut des moyens pour améliorer la formation de tous les corps de métier en contact avec les victimes. Il faut investir dans la prévention et l’éducation », liste Clémentine Autain, qui estime que le manque de moyen est l’une des « vraies raisons de mécontentement » dans l’adoption du texte.
« Là encore, cela nécessite des moyens »
« Je trouve formidable que l’on ait voté l’amendement permettant que les plaintes puissent être, de manière systématique, enregistrées dans les hôpitaux. Mais, là encore, cela nécessite des moyens », illustre encore l’ex-députée La France insoumise, qui dit n’avoir « aucune confiance en la macronie ».
L’élue déplore la communication du gouvernement, qui avait annoncé en amont de l’examen du texte 1,5 milliard d’euros à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, correspondant en réalité aux dépenses annuelles déjà existantes. « On apprenait que ces chiffres n’étaient pas des créations budgétaires, mais des sommes déjà allouées ! Quel crachat aux visages des victimes ! », fustige-t-elle.
Outre la question du budget, la députée appelle, tout comme la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert, à rester vigilants lors de l’examen de la loi « intégrale » au Sénat, qui doit débuter en janvier prochain. « Le texte doit encore être examiné par le Sénat qui peut le passer à la moulinette et considérablement l’affaiblir… », estime Clémentine Autain. « Le combat ne fait que commencer », conclut-elle.


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