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Le site Chatiw est dans le viseur de la haute-commissaire à l’Enfance, a-t-elle indiqué au « Monde », faisant état de « messages à caractère sexuel » parfois reçus « dès la connexion au service ».
Par Maxime Dhuin avec AFP

SOPA Images / SOPA Images/LightRocket via Gett
Après Cocoland, un autre « tchat en ligne » signalé à la justice par Sarah El Haïry. (photo d’illustration)
Des sites qui deviennent de « vrais foyers pédocriminels ». La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a indiqué ce samedi 9 mai avoir saisi la justice au sujet de la plateforme Chatiw, quelques jours après l’annonce de l’ouverture d’une enquête sur Cocoland, site accusé d’avoir facilité des agressions sexuelles.
À propos du « tchat en ligne » permettant de discuter avec des inconnus sans devoir créer un compte, « on a eu des alertes sur des messages à caractère sexuel, que des utilisateurs pouvaient recevoir dès leur connexion au service », précise Sarah El Haïry dans un entretien au journal Le Monde. Chatiw recevait ces derniers mois « 370 000 visites mensuelles sur son interface française », rapporte le journal du soir, citant les chiffres de Similarweb.
Sarah El Haïry assure avoir saisi le 28 avril la plateforme Pharos, le site gouvernemental permettant de signaler les contenus illicites, puis l’Arcom (le régulateur du numérique) et le parquet de Paris le 1er mai. Auprès du Monde, l’ancienne ministre assume l’intensification des actions en justice contre les sites de discussions anonymes. « Dès qu’on en ferme un, il y en a souvent dix qui se créent », déplore-t-elle, évoquant le cas des sites Coco et Bounty.
Une « responsabilité pénale » des « dirigeants » des plateformes ?
La haute-commissaire à l’Enfance avait annoncé la semaine dernière avoir saisi la justice concernant les sites Chaat.fr et legarçon.net. Mi-avril elle avait alerté sur la résurgence du site internet Coco, fermé par la justice en 2024 après avoir été accusé d’avoir permis de nombreux crimes sexuels, dont ceux contre Gisèle Pelicot.
« Quand on reçoit une alerte sur un site, on vérifie s’il y a des mécanismes de protection suffisants pour éviter qu’un mineur soit confronté à des prédateurs ou à des sollicitations sexuelles », affirme Sarah El Haïry au Monde. « Si on constate une absence de vérification de l’âge, d’inscription préalable ou des comportements problématiques, je saisis systématiquement Pharos et l’Arcom », dit-elle.
La loi imposant en France la vérification de l’âge pour limiter les réseaux sociaux aux moins de 15 ans « mettra en place un premier bouclier. Mais je pense aussi qu’il faudra […] à un moment se poser la question de la responsabilité pénale des dirigeants de ces plateformes », ajoute-t-elle.
L’ex-ministre est également « favorable à ce qu’on établisse des dizaines de critères qu’on pourrait facilement vérifier » pour permettre aux parents « de comprendre quels sont les degrés de risque, ou d’adaptation, pour chaque service utilisé par leurs enfants ».


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