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Pour son tir après des années de vols, l’agriculteur reçoit la même peine de prison qu’un pédocriminel agresseur de neuf fillettes.
Le 24 septembre 2026, la cour d’assises de la Marne le condamne à « cinq ans de prison, dont quatre avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique ». Les trois hommes poursuivis pour la tentative de vol en réunion écopent, eux, de peines avec sursis.
Avant d’en arriver au coup de fusil, Jean-Louis Leroux avait pourtant emprunté la voie qu’on demande à chacun de suivre. Il avait alerté les gendarmes, porté plainte à répétition et dépensé près de 10 000 euros dans un dispositif de vidéosurveillance, selon le compte rendu de l’audience publié ici. Le soir des faits, il a encore appelé la gendarmerie après avoir reçu une alerte d’intrusion.
Il répond de son tir. Qui répond des années de vols ?
L’homme atteint par les plombs a subi de graves blessures. Jean-Louis Leroux ne l’a pas nié et a exprimé ses regrets à la barre : « Je reconnais avoir tiré en sa direction, à cause de la peur, mais je suis bien désolé de ce qui est arrivé au jeune homme. » La cour a écarté la tentative de meurtre ainsi que la légitime défense. Elle l’a condamné pour violences avec arme ayant entraîné une mutilation.
Il devait répondre de ce geste. Mais il serait tout aussi facile d’écarter les années qui l’ont précédé d’un revers de main. Que vaut le conseil de « porter plainte » pour un exploitant dont l’avocat en a retrouvé 28 ? Combien de fois doit-il constater un nouveau vol, remplir une nouvelle déclaration et retourner travailler en attendant le suivant ?
La cour a aussi jugé les trois hommes poursuivis pour la tentative de vol. Leurs peines vont de deux à dix mois, toutes assorties d’un sursis. Jean-Louis Leroux, qui a subi les vols répétés et dont le tir a grièvement blessé un homme, est le seul des quatre à repartir avec une année ferme, même si elle sera exécutée à domicile.
Cinq ans : un chiffre qui rappelle un autre verdict
Le 15 septembre, à Paris, un ancien animateur périscolaire reconnu coupable d’agressions sexuelles sur neuf fillettes a été condamné à « cinq ans de prison, dont quatre avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique ». Soit la même peine de prison, dans sa durée comme dans son aménagement, que celle prononcée contre Jean-Louis Leroux.
Ces deux jugements portent sur des faits différents ; l’ancien animateur a aussi reçu dix ans de suivi socio-judiciaire et une interdiction définitive de travailler auprès de mineurs. Reste une égalité de chiffres difficile à accepter : neuf enfants agressées d’un côté, un agriculteur poussé à bout par des vols répétés de l’autre, et la même peine de prison prononcée.
Jean-Louis Leroux n’avait pas le droit de tirer sur un homme désarmé. Il avait, en revanche, le droit de ne pas voir son exploitation devenir une cible pendant des années. Le condamner sans regarder ce que ses dizaines de plaintes racontent reviendrait à ne lire que la dernière page de l’histoire.


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