Les communes fribourgeoises qui le souhaitent pourront officiellement devenir bilingues, pour autant qu’elles répondent à des conditions strictes. Le Grand Conseil a validé jeudi à une large majorité la nouvelle loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme (80 oui, 19 non, 5 abstentions). Les discussions sur ce sujet hantaient le canton depuis près de cinquante ans. A l’issue des débats, le ministre des Institutions Didier Castella (PLR) a évoqué avec fierté «un jour historique». Comme lors de la première lecture le mois passé, un point s’est révélé particulièrement émotionnel: la définition de la taille minimale d’une minorité linguistique pour qu’une commune puisse organiser une votation.
Le taux de 10% proposé par le Conseil d’Etat l’a finalement emporté sur un amendement déposé par Savio Michellod. Le député PLR estimait qu’un dixième de la population n’était pas suffisant pour parler de «minorité importante» au sein d’une commune, et qu’il fallait retenir une base de 20%. Sa proposition, sur laquelle les groupes parlementaires bourgeois étaient très divisés, a finalement été balayée par 76 voix contre 26. Le centriste Hubert Dafflon a résumé avant le vote le sentiment exprimé par une large partie de l’hémicycle: «Cet amendement serait un enterrement de première classe pour cette loi, qui ne servirait plus à rien.»


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