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Après 100 jours au pouvoir à Budapest, Péter Magyar poursuit sa déconstruction des mesures de Viktor Orbán

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Le Premier ministre hongrois Péter Magyar continue de démanteler le système mis en place par son prédécesseur. De l’indépendance des médias à la réforme de la Constitution en passant par la lutte contre la corruption, les chantiers sont énormes.

Publié le 22/08/2026 15:30

Temps de lecture : 2min

Le nouveau Premier ministre hongrois, Peter Magyar, tient une conférence de presse avec la chancelière allemande (non visible sur la photo) à la chancellerie à Berlin le 2 juin 2026, lors de sa première visite officielle en Allemagne. (TOBIAS SCHWARZ / AFP) Le nouveau Premier ministre hongrois, Peter Magyar, tient une conférence de presse avec la chancelière allemande (non visible sur la photo) à la chancellerie à Berlin le 2 juin 2026, lors de sa première visite officielle en Allemagne. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

Son élection a fait souffler un vent d’optimisme en Hongrie. Le Premier ministre hongrois Péter Magyar vient de célébrer ses 100 jours au pouvoir. Il a entrepris de démonter le système Orbán "étape après étape, brique par brique", conformément à l'un de ses slogans de campagne, à commencer par le secteur médiatique. Après une interruption de 44 jours, la principale chaîne publique a repris la diffusion de ses journaux d’information.

C’était jeudi 20 août, jour de la fête nationale. Les téléspectateurs de la chaîne M1 ont pu suivre à 6 heures un journal de 25 minutes où toutes les voix, y compris celles critiques du pouvoir, avaient leur place. Un changement radical tant ils étaient habitués à la propagande de Viktor Orbán pendant les 16 ans où l'ancien premier ministre est resté au pouvoir.

Sous l'ère Orbán, ce sont les ministres qui décidaient du contenu des journaux télévisés. Dès son élection, Péter Magyar avait promis de fermer ce qu'il avait baptisé la "fabrique des mensonges" et de restaurer l'indépendance des médias publics. La réforme doit se poursuivre avec la nomination d'un nouveau directeur général du groupe public Kozmedia qui sera choisi dans le cadre d'un appel à candidature.

Autre dossier auquel il s’est attelé : la lutte contre la corruption. Le Parlement a voté la création d'une agence nationale pour le recouvrement et la protection des avoirs de l'Etat. Son objectif est de récupérer les fonds publics détournés par son prédécesseur comme ces 72 millions d'euros versés à un institut de recherche pro Fidesz, le parti d'Orbán, ou les 45 millions d'euros de subventions accordées à des artistes proches de l'ancien Premier ministre.

L'autre grande réforme est d'ordre constitutionnel : la rédaction d'une nouvelle constitution est prévue à partir de cet automne. En attendant, Péter Magyar a introduit une limite de trois mandats aux députés. Une disposition qui vise essentiellement Victor Orbán et la majorité des députés du Fidesz qui ne pourront pas se représenter aux futures législatives de 2030.

Dans sa course effrénée pour tourner la page Orbán, Péter Magyar a péché par précipitation en poussant au départ le président de la République hongroise Tamas Sulyok, un fidèle de Viktor Orbán, sans respecter la procédure de destitution pourtant prévue dans la Constitution, ce que des juristes hongrois n'ont pas manqué de dénoncer. Puis Péter Magyar a annoncé la candidature de Judit Polgar, une championne d’échecs très connue en Hongrie, qui s'était rendue célèbre par sa victoire sur Garry Kasparov en 2002.

Le démenti dès le lendemain de la principale intéressée est apparu comme un désaveu pour Péter Magyar. C'est finalement András Baka qui a été élu chef de l'Etat. S'il n'était pas le favori du Premier ministre, son passé d'ancien président de la Cour suprême, évincé par Viktor Orbán, a joué en sa faveur. András Baka a appelé l'actuelle majorité à ne pas se venger du précédent gouvernement.

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