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Des milliers d’entreprises sont à la recherche de repreneurs au Québec. Pour aider à leur transfert, mais surtout propulser leur croissance, HEC Montréal a annoncé lundi le lancement d’un programme de formation spécialement destiné aux professionnels qui souhaiteraient tenter l’aventure et racheter des PME québécoises « à fort potentiel de croissance et d’impact ».
Selon l’Observatoire de Repreneuriat Québec, au premier trimestre 2026, près de 16 000 entreprises avaient l’intention de procéder à la vente ou au transfert de leurs actifs au cours de la prochaine année.
Des chiffres impressionnants qui témoignent d’une vague historique de transferts alimentée par le vieillissement de l’âge moyen des propriétaires d’entreprises.
Depuis 2021, on transfère davantage d’entreprises au Québec qu’on en crée.
Le transfert est un moment risqué qui, s’il n’est pas mené à bien, peut mener à la fermeture d’entreprises et, par le fait même, à la fragilisation des chaînes d’approvisionnement de la province et à la dévitalisation des régions, prévient Repreneuriat Québec.
Le parcours « R + entrepreneuriat par acquisition » de HEC Montréal vise à mieux outiller les futurs repreneurs par une formation qui mélange formation théorique, accompagnement, réseautage et mise en relation avec des partenaires financiers potentiels.
« Au Québec, je pense qu’on a les organismes, les initiatives et les repreneurs nécessaires. Ce qui manque, c’est une meilleure structure et une meilleure synergie entre les différents acteurs », estime Luis Cisneros, professeur titulaire, fondateur et codirecteur du Pôle entrepreneuriat HEC Montréal, qui voit dans le repreneuriat un vecteur d’innovation.
« La grande majorité de l’offre qui existe en formation et en accompagnement est portée sur les processus : comment planifier l’achat, comment faire la transaction, les vérifications, etc. Or, aucun programme ne parle de profiter de cette étape critique pour réinventer le modèle d’affaires. Pour une PME qui voudrait avoir une forte croissance à l’international, on a besoin d’une structure de gouvernance complexe et d’une capacité de mobiliser du capital de risque. »
Une première cohorte à l’automne
Le programme développé par HEC Montréal s’inspire d’autres parcours d’entrepreneuriat par acquisition développés dans des universités européennes et américaines.
La première cohorte sera formée à l’automne prochain. On souhaite attirer une trentaine d’aspirants de haut niveau : détenteurs de MBA, cadres supérieurs. Le programme, qui compte 10 semaines de formation à temps partiel suivies de 12 à 24 mois d’accompagnement, est offert au coût de 5000 $.
« C’est pensé pour des personnes avec un grand esprit entrepreneurial parce qu’on va mélanger croissance à risque et reprise », prévient M. Cisneros.
Outre les aspects financiers et administratifs, le programme compte accorder une place importante aux enjeux humains soulevés lors du transfert d’une société.
« La gestion du changement est peut-être le plus grand défi auquel un repreneur peut faire face : convaincre l’équipe qu’on est légitime, même si on n’a pas créé l’entreprise », explique M. Cisneros, qui souligne également l’importance du « capital social » dans toute transaction.
« Les formations existantes sont très portées sur le transfert de la propriété, du leadership et de la direction. Personne ne parle des transferts du capital social, c’est-à-dire les contacts. Les cédants doivent graduellement transmettre la relation qu’ils ont avec les banquiers, avec leurs plus importants fournisseurs et avec leurs clients. »
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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