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Appels à reconnaître le Vancouvérois qui a sauvé 200 000 vies durant l’Holocauste

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En ce jour commémoratif de l’Holocauste, des membres de la communauté juive craignent que Rudolf Vrba, un Vancouvérois qui a sauvé environ 200 000 vies des chambres à gaz nazies, tombe dans l’oubli.

Ils réclament qu'on l'honore dans la ville où il a vécu durant plus de 30 ans, et où il est décédé en 2006.

En avril 1944, Rudolf Vrba et son ami Alfréd Wetzler sont les premiers Juifs à se sauver du camp de concentration Auschwitz-Birkenau. Seule une poignée a réussi à le faire.

Par la suite, les deux hommes ont rédigé un rapport détaillant les horreurs dont ils ont été témoins dans le camp où plus d'un million de Juifs ont été exterminés.

Le rapport Vrba-Wetzler est arrivé sur les bureaux du premier ministre britannique Winston Churchill et du président américain Franklin D. Roosevelt, et a mené les Alliés à forcer la Hongrie à arrêter la déportation de sa population juive.

Environ 200 000 Juifs de Budapest ont ainsi échappé aux chambres à gaz selon plusieurs historiens.

Un héros vancouvérois

Après la guerre, Rudolf Vrba est devenu professeur en pharmacologie à l'Université de la Colombie-Britannique. Son nom, toutefois, est peu connu, que ce soit à Vancouver ou ailleurs.

L'une des raisons, selon son biographe Alan Twigg, c'est qu'il a été extrêmement critique des autorités juives qui n'ont pas fait davantage pour avertir les Juifs durant la guerre, notamment en Hongrie.

C'est pourquoi Rudolph Vrba est une figure si controversée : il refusait de se taire. Il disait : "Écoutez, j'ai rédigé le rapport. Vous l'aviez. Vous ne leur aviez rien dit", explique Alan Twigg.

La raison pour laquelle il faut faire une inscription à Vancouver est simple : il s’agit de rappeler qu’il a été parmi nous pendant 31 ans, ici, dit le Dr Robert Krell, le fondateur du Centre d’éducation à l’Holocauste de Vancouver, qui a été caché des nazis par une famille chrétienne néerlandaise durant la guerre.

L’absence de reconnaissance ici est stupéfiante. Encore plus étonnant est qu’il soit pratiquement inconnu dans le monde entier, même en Israël.

Un monument dans un cimetière, avec plusieurs arbres et un chemin en asphalte.

Un monument en l'honneur de Rudolf Vrba dévoilé le 26 octobre 2025 dans un cimetière juif de la région vancouvéroise.

Photo : Radio-Canada

L’heure de la reconnaissance

La synagogue Schara Tzedeck, le Centre d’éducation à l’Holocauste et des amis de Rudolf Vrba, comme le Dr Krell, ont aidé à créer un monument en son honneur dans un cimetière juif.

Mais ses amis croient que la Ville devrait aussi faire un geste commémoratif plus visible.

La Ville de Vancouver devrait avoir quelque part, quelque chose qui rend hommage à l'un des plus grands lanceurs d'alerte du 20e siècle, réclame Alan Twigg.

Comment honorer la mémoire de nos héros? Un monument, une rue, ou une place serait bien, dit Geoffrey Druker, un ami de Rudolf Vrba.

Deux hommes dans une bibliothèque.

Le Dr Arthur Dodek (à gauche) et Geoffrey Druker, deux amis de Rudolf Vrba.

Photo : Radio-Canada

L'histoire s'écrit devant nous. Ce n'est que le début. L'impact de cette histoire est si important que nous prévoyons que de nombreuses générations devraient le savoir, et le sauront, dit le Dr Joseph Ragaz, un autre ami.

Un personnage coriace

Ils étaient comme des parents pour moi, car j'étais tout seul à Vancouver, se souvient Joseph Ragaz, décrivant Rudolf Vrba et sa conjointe Robin, qui l’ont accueilli dès qu’il est arrivé à Vancouver en 1977. Les deux hommes étaient originaires de la Slovaquie, et les parents du Dr Ragaz avaient survécu au camp de concentration de Bergen-Belsen.

Il ne laissait jamais transparaître une seule larme ni la moindre expression associée aux survivants de l'Holocauste, se souvient Joseph Ragaz, au sujet de Rudolf Vrba. Ce qui était particulier, c’est qu’il avait ce sourire ferme, presque impassible, qui s'intensifiait lorsqu'il évoquait les histoires les plus terribles.

Je lui ai demandé, Rudy, comment as-tu fait pour survivre?, se souvient un autre ami de Vancouver, le Dr Arthur Dodek. Et il a répondu : "Arthur, ne montre jamais de faiblesse".

Un homme dans une bibliothèque.

Le Dr Joseph Ragaz, un ami de longue date de Rudolf Vrba.

Photo : Radio-Canada

Interrogée si elle envisageait de commémorer les accomplissements de Rudolf Vrba, la Ville de Vancouver a répondu par le biais d'une porte-parole qu’un nouveau protocole de commémoration est en cours d'élaboration et qu’elle ne pouvait pas faire de commentaire.

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