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Annie Desrochers a été la première femme, il y a 11 ans, à animer l’émission du retour à la maison à la Première Chaîne de Radio-Canada à Montréal. Elle se dit heureuse que son successeur soit une autre femme, Monic Néron. Sa nouvelle émission, Ça promet, occupera maintenant une case horaire historiquement masculine, les matins de fin de semaine.
« Joël [Le Bigot] l’a fait de main de maître, comme tout ce qu’il a entrepris, puis Franco [Nuovo] aussi, avec sa couleur et son ton. J’arrive là très consciente du legs de ce créneau-là. C’est précieux pour moi », souligne l’expérimentée animatrice en entrevue avec Le Devoir.
Lorsque ses patrons lui ont proposé ce nouveau défi, Mme Desrochers a été surprise. Bien dans ses pantoufles, elle n’était pas lasse de couvrir l’actualité chaude cinq jours par semaine. Elle a ensuite été séduite par cette nouvelle offre.
« On n’a pas souvent, dans la vie, l’occasion de lancer quelque chose de neuf, dit-elle. J’y ai vu un terrain de jeu assez intéressant. »
Le décès de Franco Nuovo, qui a créé une onde de choc, a aussi fait émerger le besoin d’une nouvelle émission de fin de semaine. La direction souhaitait mettre en place un seul rendez-vous rassemblant les samedis et dimanches matin.
Annie Desrochers devra maintenant se détacher de l’actualité brûlante, qu’elle qualifie de « drogue dure ». « La semaine, on est beaucoup dans la réaction, alors que la fin de semaine, on peut être dans la réflexion. Prendre un pas de recul, c’est très stimulant », souligne-t-elle.
La promesse du week-end
Le titre de l’émission, Ça promet, lui est apparu assez rapidement. « Les matins de fin de semaine, il y a comme une promesse. Il y a un optimisme qui détonne avec un certain air ambiant qui nous tire plus vers le pessimisme », explique l’animatrice.
Elle a notamment hâte de collaborer avec Renée LeBlanc-Paulin, une jeune bouchère de Trois-Pistoles ayant fait l’objet d’un documentaire, l’humoriste et auteur Yves P. Pelletier, qui fera des chroniques ayant pour point de départ des objets du quotidien, le journaliste Frédérick Lavoie à l’actualité internationale et Olivier Paradis-Lemieux aux sports.
En préparant l’émission, Mme Desrochers a eu la confirmation qu’elle entretenait encore une passion pour la radio. « Ma mère est morte tout récemment. Ça a été un grand choc qui bouleverse. […] Puis après, tu te demandes un peu comment réintégrer le monde des vivants. […] C’est très étrange, après, de retourner dans une quotidienneté, raconte-t-elle. Lundi, c’était ma première journée ; il y avait le stress d’un nouveau projet et j’ai tellement eu une belle journée. Je me suis dit : “J’aime encore beaucoup ça. J’aime vraiment présenter des histoires au monde, partager ma curiosité, être en dialogue avec le public.” »
Les auditeurs, qui étaient nombreux à lui être fidèles durant la semaine, auront l’occasion de la découvrir sous un jour nouveau.


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