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International 19/06/2026 05:45 Actualisé le 19/06/2026 07:07
Andy Burnham va faire son retour au Parlement britannique après sa victoire dans le nord de l’Angleterre ce vendredi 19 juin. Un premier pas vers Downing Street et le début de la fin pour Keir Starmer.
Par Solenn Cordroc'h avec AFP

DAN KITWOOD / Getty Images via AFP
Le maire du Grand Manchester a déclaré que le résultat des élections représente la « dernière chance de changement » pour le Parti travailliste.
Une victoire écrasante pour le « roi du Nord ». Le principal rival travailliste du Premier ministre britannique Keir Starmer, Andy Burnham, a été élu député, ce vendredi 19 juin, lors des élections à Makerfield, petite circonscription de la banlieue de Manchester. Il pourra désormais déclencher une élection interne dans son parti dans l’espoir de conquérir le 10 Downing Street et évincer le Premier ministre. Le Parti travailliste a obtenu 54,8 % des voix, contre 35 % pour Reform UK et 7 % pour Restore Britain. Le taux de participation s’est élevé à 58,75 %.
Le « roi du Nord », élu pour la première fois au Parlement il y a presque exactement 25 ans et ayant siégé dans les gouvernements de Tony Blair et Gordon Brown, va donc faire son retour à Westminster neuf ans après son départ.
Lors de son discours de victoire, Andy Burnham a déclaré que c’était la « dernière chance de changement » pour le Parti travailliste, ajoutant : « Il n’y aura pas de seconde chance, mais ce résultat de ce soir nous offre l’opportunité de bâtir une nouvelle politique fondée sur l’unité et l’espoir, en nous détournant de la voie qui nous conduit à une politique de division comme celle que l’on observe aux États-Unis ». « Nous devons maintenant emprunter cette voie, remettre ce pays sur le bon chemin, rassembler les gens et faire en sorte que les choses fonctionnent à nouveau correctement », a-t-il assuré.
Burnham a fait savoir que le nord de l’Angleterre a besoin d’un « grand changement au niveau national » et que retourner à Westminster représente un « travail inachevé ». Il a aussi précisé qu’il serait « déchirant » de quitter son poste de maire du Grand Manchester. Son Parti travailliste devra affronter, une nouvelle fois, Reform UK pour conserver la mairie du Grand Manchester, lors d’une élection partielle qui devrait avoir lieu le 30 juillet.
Keir Starmer sur la sellette
Selon Andrew Fisher, ex-directeur politique du Labour sous Jeremy Corbyn, le scénario le plus rapide serait que le Labour se rassemble largement autour de Burnham et que Keir Starmer démissionne. Ce qui permettrait au parti de désigner formellement Andy Burnham à sa tête dans les jours qui viennent selon le Guardian, et d’éviter une élection interne au Labour potentiellement fratricide. Mais le Premier ministre n’a montré jusqu’ici aucun signe qu’il pourrait quitter volontairement le pouvoir. « Je ne vais pas partir, je vais me battre », a-t-il répété mercredi sur Sky News, depuis le G7 à Evian.
Selon un autre scénario, plus probable selon le Times, le Premier ministre accepterait de s’en aller, mais seulement après la conférence annuelle du Labour fin septembre. Au risque de paralyser l’action gouvernementale dans l’intervalle.
D’autres hypothèses encore verraient Burnham et ses alliés forcer la main à Starmer, soit en brandissant la menace de démissions de poids-lourds de son gouvernement, soit en déclenchant une élection interne. Ce dernier cas supposerait que Andy Burnham réunisse le soutien de 81 parlementaires, mais sa popularité parmi les quelque 400 députés travaillistes est telle qu’il y arriverait sans peine. Cette solution, qui prendrait des semaines et pourrait éroder sa popularité, n’est cependant clairement pas la préférée du « roi du Nord ».


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