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Malgré les sanctions qui pèsent sur son économie, la guerre en Iran conforte la Corée du Nord dans son choix de maintenir son programme nucléaire, estime l’historien russe, dans un entretien au « Monde ».
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Diplômé de l’université de Leningrad – actuelle Saint-Pétersbourg –, Andreï Lankov est un historien russe, spécialiste de la Corée du Nord. Il a étudié à Pyongyang dans les années 1980. Auteur de The Real North Korea (« la vraie Corée du Nord », Oxford University Press, 2013, non traduit), il enseigne à l’université Kookmin, à Séoul, et dirige le Korea Risk Group, qui publie des analyses sur la Corée du Nord.
La Corée du Nord a condamné l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, dénonçant une atteinte à la souveraineté et une violation du droit international. Comment ce conflit est-il perçu à Pyongyang ?
La guerre en Iran a profondément marqué la Corée du Nord. Pyongyang a observé la précision des frappes américaines et israéliennes, ainsi que la rapidité avec laquelle elles ont décapité le régime iranien. Or, en Corée du Nord, la famille Kim incarne l’Etat : sa sécurité constitue la priorité absolue de tout bon patriote. Cette guerre a aussi confirmé l’importance de l’arsenal nucléaire nord-coréen, perçu comme le garant de la survie du régime.
Enfin, elle a compromis la perspective d’un sommet entre Kim Jong-un [qui a succédé à son père en 2011] et Donald Trump, lequel évoquait des pourparlers pour discuter non de dénucléarisation – la nucléarisation de la Corée du Nord étant désormais un fait acquis –, mais du contrôle des armements nucléaires. L’attaque contre l’Iran, survenue en pleine négociation bilatérale, a réduit la confiance de Pyongyang, qui pourrait estimer qu’il vaut mieux ne pas négocier avec Washington – du moins pas avec l’administration actuelle.
Quelles répercussions cette guerre peut-elle avoir sur la politique intérieure nord-coréenne ?
Le régime va sans doute durcir encore la sécurité et limiter les entrées de ressortissants étrangers. Pyongyang a toujours considéré les interactions avec le monde extérieur comme dangereuses. C’était autrefois un risque calculé, parce que ces échanges pouvaient rapporter l’aide financière d’ONG ou encore des investissements sud-coréens, notamment sous les administrations progressistes sud-coréennes.
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