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À Toulouse, une femme de 45 ans titulaire d’une carte mobilité inclusion a reçu une amende après s’être garée sur une place réservée aux personnes handicapées. Malgré des démarches de contestation, la somme a finalement été prélevée sur ses comptes.
Passer la publicité Passer la publicitéCette situation administrative apparaît ubuesque. Le 25 novembre 2025, après un rendez-vous à Toulouse, Warda Carles remonte dans sa voiture garée sur une place réservée aux personnes handicapées, sans se douter qu’elle vient d’écoper d’une contravention. La mère de famille tarnaise de 45 ans, amputée des quatre membres, est pourtant d’une titulaire d’une carte «mobilité inclusion» délivrée par le département du Tarn. Cela n’a pas empêché l’infraction pour «stationnement très gênant sur un emplacement réservé aux véhicules portant une carte de stationnement pour personnes handicapées» d’être retenue, rapporte La Dépêche du Midi.
Par la suite, en voyage pendant plusieurs mois, Warda ne récupère pas les recommandés qui lui réclament le paiement de l’amende majorée. À son retour, lorsqu’elle tente de contester les 375 euros réclamés, la mairie de Toulouse lui explique qu’elle aurait dû enregistrer au préalable sa carte de stationnement. Or nous avons vérifié, le site de Toulouse Métropole précise lui-même que cet enregistrement n’est pas obligatoire pour se garer sur une place réservée aux personnes handicapées. Warda est ballottée d’un service à l’autre sans que son dossier n’avance, « ils m’ont fait tourner en bourrique », déplore-t-elle auprès de La Dépêche du Midi. Cela avant que son compte courant et son livret A soient finalement saisis pour régler la somme.
De nombreux cas
Dans les faits, le cas de Warda n’est pas isolé. Depuis l’automatisation des contrôles de stationnement en 2018, les personnes en situation de handicap se plaignent de recevoir des amendes injustifiées. En cause : les véhicules équipés de systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI), des caméras qui vérifient automatiquement si le stationnement a été réglé, mais qui sont incapables de détecter la présence physique d’une carte CMI-S apposée derrière le pare-brise.
Le problème était apparu dès 2021 à Paris. Cette année-là, apposer sa carte CMI sur le pare-brise ne suffisait plus : les conducteurs handicapés devaient en plus prendre un ticket «handivirtuel» à l’horodateur ou sur une application mobile pour bénéficier de la gratuité. Une règle qui avait provoqué une avalanche de PV injustifiés et une vive colère.
Le 19 mai dernier, une personne elle-même concernée par le handicap, Pascal Kazmierczak, lançait sur change.org une pétition pour faire valoir ses droits. Il y dénonce une situation «intolérable». «La CMI-S est un titre national rattaché à la personne, et non à un véhicule. Exiger qu’un usager s’adapte à différents systèmes de contrôles locaux est une entrave directe à la liberté d’aller et venir», écrit-il. Ce dernier réclame le déploiement d’un badge RFID universel, sur le modèle des badges de télépéage autoroutier. «Lors du passage du véhicule LAPI, le badge émettrait un signal confirmant la présence d’un ayant-droit, bloquant instantanément l’émission d’une amende à la source», conclut-il. «Ils n’essayent pas de se mettre à notre place. Ce n’est pas comme ça qu’on facilite la vie des personnes en situation de handicap», résume quant à elle, Warda Carles, auprès de La Dépêche du Midi. Contactée par Le Figaro, la Mairie de Toulouse n’a pas encore répondu à nos questions.


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