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Amnesty International accuse l’Inde de complicité dans le “génocide” à Gaza

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L'Inde est-elle complice de l'armée israélienne dans ses opérations à Gaza ?

Dans une enquête publiée ce 30 juillet, Amnesty International détaille les liens entre les industries militaires des deux pays qui ont permis à Israël d'importer plus de 2 500 cargaisons d'armes, de pièces et de munitions fabriquées en Inde. La liste révélée par l'ONG est un inventaire à la Prévert : des accessoires pour armes de poing et mitrailleuses tels que des pistons et des culasses; des obus et des douilles d'obus de 155 mm; des mortiers de 80 mm; des ogives explosives pour drones et des pièces pour véhicules militaires…

Pourquoi l'Inde reste en retrait dans la guerre entre Israël et le Hamas

Ce n'est pas la première fois que l'implication des entreprises indiennes dans la guerre à Gaza est pointée du doigt. D'anciens diplomates, des universitaires et des intellectuels avaient déposé un recours devant la Cour suprême à New Delhi en septembre 2024 pour que l'instance ordonne au pouvoir fédéral d'annuler les licences d'exportation militaire vers Israël. Ils rappelaient à la Cour que leur pays "est lié par le droit international et plusieurs traités l'obligeant à ne pas fournir d'armes aux États coupables de crimes de guerre."

Une volonté de Modi

Puis, en février, le mensuel indien The Caravan avait publié une enquête détaillant le commerce d'armes entre l'Inde et Israël, un commerce facilité par une dizaine de coentreprises. La plupart ont été créées dans les années 2010 par des acteurs publics et privés du secteur indien de la Défense comme Bharat Electronics, Bharat Forge et le conglomérat Adani. Ils se sont associés avec le gratin du complexe militaro-industriel israélien : Rafael, Elbit Systems, Israel Weapon Industries… Cette démarche résultait d'une quête du gouvernement de Narendra Modi vers des transferts de technologie afin de doper les exportations d'armement. Celles-ci ont d'ailleurs été multipliées par deux en trois ans, à 384 milliards de roupies (3,5 milliards d'euros) durant l'exercice 2025-2026.

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Si le gouvernement indien vante le succès de sa politique en la matière, il reste discret sur ce qui est exporté en Israël. Amnesty a identifié quinze cargaisons entre le 7 octobre 2023, date des attentats du Hamas, et le 30 novembre 2025, contenant diverses pièces pour véhicules blindés : chenilles, roues de chars légers, capteurs, électronique. La société publique IOL aurait fourni 178 semi-conducteurs à Semiconductor Devices Ltd, une coentreprise entre Elbit et Rafael. Mais le registre du ministère indien du Commerce ne fait état d'aucune exportation de ce type.

En revanche, les ventes de munitions et de pièces pour des armes légères apparaissent dans le document. Elles s'élèvent à 49 millions de dollars pour les exercices 2024-2025 et 2025-2026, qui courent du 1er avril au 31 mars. Amnesty indique que ces cargaisons contenaient des volumes conséquents : 390 000 pièces pour armes légères ainsi que 564 000 douilles, obus et ogives explosives pour drones. La compagnie publique MIL aurait, par exemple, fourni un millier d'obus d'artillerie de 155 mm à Elbit Systems.

"En juin et en juillet 2026, Amnesty International a écrit au gouvernement indien et aux neuf entreprises citées dans son rapport pour leur faire part de ses conclusions détaillées. Au moment de la publication, elle n'avait pas reçu de réponse", a indiqué l'ONG.

Des travailleurs indiens bon marché pour remplacer les Palestiniens

Bien que signataire de la convention de Genève, l'Inde ne devrait pas interrompre ses livraisons. À la veille des frappes sur l'Iran le 28 février, Narendra Modi avait achevé un déplacement en Israël révélateur de la dépendance de son pays à l'égard des technologies israéliennes. Dix-sept accords avaient été signés afin de développer la coopération dans l'IA, les minerais stratégiques, la cybersécurité…

En échange, New Delhi a exporté sa main-d'œuvre bon marché pour remplacer les employés palestiniens. L'an dernier, 20 000 Indiens travaillaient dans le BTP et la santé en Israël; 50 000 autres doivent arriver d'ici cinq ans, selon une entente conclue durant la visite de Modi à Jérusalem.

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