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Le président-directeur général de l'entreprise forestière Bois d'œuvre Cedrico, Denis Bérubé, est mi-figue, mi-raisin quant aux amendements proposés par Québec au régime forestier. La réaction est similaire chez les groupements forestiers de la région, qui y voient cependant un potentiel de décentralisation.
Le ministre des Ressources naturelles et des Forêts a annoncé mardi une série de mesures visant à soutenir les entreprises et communautés forestières de la province, notamment en proposant l'abolition de la redevance annuelle que l’industrie devait payer pour s’approvisionner dans les forêts publiques.
Denis Bérubé estime qu'à elle seule, cette mesure fera économiser entre 500 000 $ et 600 000 $ annuellement à son entreprise qui possède une usine à Price et une autre à Causapscal.
Le gouvernement provincial mettra également fin au système d'enchères sur une partie du bois récoltable. C’est une bonne chose en soi, indique le président de Bois d'œuvre Cedrico.
Le ministère accorde un contrat d’approvisionnement en bois à chaque usine et les surplus étaient vendus aux enchères par le Bureau de mise en marché des bois.
Il va [dorénavant] être ajouté, de ce que je comprends, dans les garanties d'approvisionnement des usines, explique Luc Lavoie, conseiller stratégique pour la Fédération des groupements forestiers du Bas-Saint-Laurent.
Bien que cela représente une augmentation des approvisionnements accordés aux usines, Denis Bérubé émet des réserves.

Le président et directeur général de Bois d'œuvre Cedrico, Denis Bérubé.
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
La mesure proposée par le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, va entraîner la fin du Bureau de mise en marché des bois (BMMB).
Comment vont être attribués ces volumes de bois là? Je suis bien frileux, parce que Cedrico a toujours été victime des approvisionnements de bois, lance le PDG, qui se demande sur quoi va se baser le gouvernement pour déterminer quelle usine va recevoir quelle quantité de bois.
La direction des communications du ministère confirme par courriel que bien que l’unité administrative du BMMB soit abolie, la plupart de ses fonctions demeureront au sein du MRNF.
La Fédération des groupements forestiers du Bas-Saint-Laurent craint pour sa part une baisse de ses activités avec la fin du système d’enchères.
Luc Lavoie mentionne que les groupements de la région pouvaient soumissionner sur des volumes de bois, pour ensuite le récolter et le vendre à l'industrie. Ça ne veut pas dire nécessairement [que les usines] vont faire appel à nos services pour récolter le bois, donc il pourrait y avoir une diminution du chiffre d’affaires.
Une tarification revue
Denis Bérubé espère aussi que la révision de la tarification du bois de la forêt publique lui permettra de réduire ses coûts d'approvisionnement. Il estime pour le moment payer trop cher pour la qualité du bois disponible.
Si une baisse du prix peut représenter une bonne nouvelle pour les industriels, le conseiller stratégique à la Fédération des groupements forestiers du Bas-Saint-Laurent croit que cette baisse de coûts pour le bois de la forêt publique pourrait se répercuter sur le prix du bois issu de la forêt privée.

Le conseiller stratégique pour la Fédération des groupements forestiers du Bas-Saint-Laurent, Luc Lavoie. (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Si c’est le cas, ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les producteurs, puis pour les groupements forestiers non plus, fait valoir Luc Lavoie. Il ajoute que, là encore, cela signifie une perte de revenus.
M. Lavoie estime cependant que le Bas-Saint-Laurent tirera avantage de la création de projets pilotes régionaux dans le but d'expérimenter de nouvelles approches de gestion forestière. On a une très grande capacité de concertation entre tous les acteurs, que ce soit le municipal, la forêt privée, la forêt publique, l’industrie.
Ce n’est jamais mauvais une régionalisation. Je pense qu’on est capable de le faire, on l’a démontré dans le passé.
Le gouvernement pourrait ensuite s'inspirer des pratiques développées aux quatre coins de la province pour écrire le nouveau régime forestier.
Luc Lavoie croit justement qu'il faut tendre vers cette décentralisation, puisque la forêt et son industrie varient énormément d'une région à l'autre.


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