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Amazon Canada est visé par une autre demande pour intenter une action collective : cette fois-ci, il est reproché au géant du commerce de détail en ligne d’avoir manigancé de diverses façons pour fixer les prix de nombreux produits de consommation, comme des pantalons, des gourmandises pour chien, des gouttes pour les yeux et de l’engrais.
Les combines ont entraîné des prix plus élevés pour les consommateurs. Selon les allégations de la poursuite déposée fin avril au Québec, Amazon aurait fait pression sur ses vendeurs, notamment afin de faire augmenter le prix des biens qui sont vendus sur les plateformes de ses compétiteurs, comme Walmart, Target et Home Depot.
On peut lire dans la poursuite plusieurs exemples de stratagèmes utilisés, dont celui-ci : Amazon annonce des pantalons de son vendeur Levi’s à 26,99 $, mais constate que Walmart vend les mêmes à 25,47 $. Amazon envoie donc à Levi’s un lien Internet du site web de Walmart, demandant que cet écart de prix soit réglé. Le lendemain, Levi’s rapporte avoir parlé à Walmart, qui accepte d’augmenter le prix des pantalons à 29,99 $. Puis, Amazon modifie le prix desdits pantalons sur son propre site à 29,99 $. Résultat : le consommateur paie plus cher, peu importe auquel des deux endroits il achète les pantalons. Selon la procédure judiciaire, Amazon se sert de sa position de pouvoir en menaçant ses vendeurs de pénalités ou même de retirer leurs produits de sa plateforme s’ils ne se plient pas à ses exigences.
Si la demande en justice est accueillie, tous les Canadiens qui ont acheté des biens sur Amazon depuis 2018 pourraient être indemnisés, si le tribunal juge que ses prix ont été artificiellement gonflés par ses manœuvres.
Rien de ce qui est allégué dans cette procédure n’a encore prouvé devant un tribunal québécois. Pour pouvoir aller de l’avant, la demande doit d’abord être autorisée par un juge de la Cour supérieure. S’il lui donne le feu vert, l’action en justice pourra ensuite franchir toutes les étapes normales d’une poursuite judiciaire et se rendre à procès.
La poursuite américaine
Une poursuite contenant des reproches similaires a été intentée aux États-Unis en 2022 par l’État de la Californie. Il y a quelques jours, le procureur général de cet État, Rob Bonta, a dévoilé ce qu’il considère être des preuves du complot de fixation de prix.
« Amazon travaille illégalement pour engranger des profits en s’assurant que les consommateurs n’ont nulle part où aller pour des prix moins élevés. On les verra devant le tribunal », a-t-il lancé.
Ne pas laisser de traces
Il est aussi allégué dans la poursuite que les employés d’Amazon ont été formés pour ne pas laisser de traces de cette fixation illégale de prix. Par exemple, ils auraient reçu des instructions de ne pas communiquer par courriel lorsqu’ils discutent des prix de vente des items : « il est souvent préférable d’avoir ces conversations par téléphone », serait-il indiqué dans un document interne.
Pour l’instant, aucun montant n’est spécifiquement réclamé dans l’action. Il est demandé au juge qui entendra l’affaire de payer aux consommateurs « une somme à être déterminée ».
D’autres demandes pour intenter des actions collectives ont été déposées ces dernières années au Québec contre Amazon, dont celle lui reprochant de ne pas avoir donné suite à sa promesse de livraison en deux jours.
Au moment d’écrire ses lignes, Amazon Canada n’avait pas répondu aux questions du Devoir.


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