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Et si nos apéritifs favoris pesaient bien plus lourd qu'on ne l'imagine sur notre cerveau ? Alors que la croyance d'un verre quotidien sans danger reste tenace, une recherche d'envergure menée par une équipe brésilienne vient bousculer ces certitudes.
Publiés dans la revue Neurology, ces travaux apportent des preuves tangibles reliant la consommation d'alcool à la dégradation du système vasculaire cérébral et à l'apparition de la maladie d'Alzheimer. De quoi redéfinir la notion même de danger pour notre mémoire.
Une enquête au microscope sur 1 781 cerveaux
Pour aboutir à des résultats aussi solides, les scientifiques ont mené un travail d'une précision chirurgicale : l'autopsie et l'analyse au microscope des structures cérébrales de 1 781 personnes décédées, issues d'une grande biobanque gériatrique de São Paulo.
L'objectif était d'établir un lien direct entre les habitudes de consommation déclarées par les proches du vivant des individus et l'état de leur système vasculaire cérébral. Les examens se sont concentrés sur les lésions des petits vaisseaux et sur les marqueurs moléculaires caractéristiques d'Alzheimer.
Cette démence évitable est aujourd’hui la première cause de troubles cognitifs précoces en France
L'alcool ne détruit pas seulement le foie, il provoque aussi de graves troubles cognitifs, souvent mal diagnostiqués et confondus avec la maladie d'Alzheimer. Au stade précoce et repérée à temps, cette démence, liée à l'alcool, peut être évitée par de simples apports vitaminiques. Malheureusement, en évoluant vers sa forme chronique, le syndrome de Korsakoff est, quant à lui, irréversible, laissant des milliers de personnes en souffrance…... Lire la suite
Le verdict est sans appel : l'alcool, sous toutes ses formes, bière, vin rouge, vin blanc ou spiritueux, ressort comme le seul responsable de ces altérations. Les chercheurs ont réparti les sujets en quatre groupes : abstinents stricts, buveurs modérés (jusqu'à sept verres standard par semaine), gros buveurs (huit verres et plus) et anciens consommateurs.
Des chiffres alarmants, dès la consommation modérée
Les résultats donnent le vertige. Dès le stade de la consommation dite modérée, le risque d'artériolosclérose hyaline, une pathologie qui altère gravement les petites artères cérébrales, bondit de 60 %. Il grimpe à 133 % chez les gros buveurs et reste élevé, à 89 %, chez les anciens consommateurs.
Alcool, effets sur la santé : une expertise collective de l'Inserm
La consommation excessive et régulière d'alcool est dangereuse pour la santé. Elle est directement responsable de près de 23 000 décès chaque année en France, sans compter les décès par accidents sous l'emprise de l'alcool. Cirrhose du foie, cancers, troubles du système nerveux, syndrome d'alcoolisation fœtale sont les pathologies les plus graves provoquées par la consommation excessive de boissons alcoolisées...... Lire la suite
Le seuil de bascule vers le danger s'avère étonnamment bas : à peine plus d'un verre par jour, soit huit par semaine. Pour le Dr Mike Sevilla, cité par les médias de santé, ces conclusions confirment que la consommation chronique d'alcool est directement associée au développement des démences et d'Alzheimer.
Les analyses ont par ailleurs révélé une accumulation massive d'enchevêtrements de protéine tau chez les consommateurs réguliers, perturbant la microcirculation et provoquant la mort des neurones liés à la mémoire.
La consommation chronique d’alcool est directement associée au développement des démences et de la maladie d’Alzheimer, selon le docteur Mike Sevilla. © SolStock, iStock
Des séquelles qui ne s'effacent pas
Face à ces données, les autorités sanitaires, à l'image de la Société française d'alcoologie, martèlent qu'aucun niveau de consommation n'est totalement sans risque pour le cerveau. Le mythe du petit verre protecteur s'effondre devant la réalité des tissus observés.
Plus inquiétant encore, l'arrêt ne répare pas tout. Les anciens gros buveurs conservent des séquelles indélébiles : perte significative de masse cérébrale, scores de démence élevés et espérance de vie réduite. La preuve que les lésions structurelles persistent même après avoir cessé toute consommation.
Au moindre doute sur sa consommation ou pour être accompagné dans une démarche d'arrêt, un professionnel de santé reste le meilleur interlocuteur.


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