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Tribune

Ali Karimli

opposant azerbaïdjanais et ancien secrétaire d’Etat

Alors que le sommet de la Communauté politique européenne vient de se tenir en Arménie, le prochain est prévu en 2028 à Bakou. Dans une tribune au « Monde », l’un des leaders de l’opposition azerbaïdjanaise espère que, d’ici là, l’Europe ne fermera plus les yeux, en échange d’hydrocarbures, sur les atteintes aux droits de l’homme dans son pays.

Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min.

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et un autre à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, en 2028, doit être lue comme un signal puissant de l’élite politique européenne aux peuples du Caucase du Sud. Cette évolution témoigne d’un basculement géopolitique majeur : la région n’est plus considérée comme la sphère d’influence exclusive de la Russie qu’elle fut autrefois.

Indéniablement, l’affaiblissement de Moscou – conséquence de sa guerre d’agression en Ukraine –, ainsi que la paix de fait instaurée entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie sous la médiation du président américain, Donald Trump, ont joué un rôle déterminant dans l’émergence de cette nouvelle donne régionale. Les dirigeants de l’UE respectent le choix des peuples du Caucase du Sud et manifestent une volonté claire d’intégrer la région à l’ensemble européen.

Nous, forces démocratiques d’Azerbaïdjan, luttons depuis de nombreuses années pour l’intégration de notre pays et de ceux de l’ensemble du Caucase. Jusqu’à l’interdiction des rassemblements en 2019, les dizaines de manifestations que nous avons organisées voyaient flotter, aux côtés du drapeau national azerbaïdjanais, celui de l’Union européenne. Nous exigions alors que le gouvernement signe un accord d’association avec Bruxelles.

Malheureusement, la politique répressive persistante des autorités azerbaïdjanaises fait aujourd’hui obstacle à une intégration européenne unie et indivisible de la région. L’Azerbaïdjan étouffe sous un climat de répression extrême : le paysage médiatique a été démantelé, les journalistes indépendants jetés en prison. Les arrestations ciblant la société civile et l’opposition se succèdent depuis des décennies, et près de 400 prisonniers politiques sont actuellement derrière les barreaux.

J’ai moi-même été la cible constante de ces persécutions. Des membres de mon équipe politique ainsi que mes proches ont été emprisonnés sur la base d’accusations fallacieuses ; j’ai subi de graves tortures ; j’ai été frappé d’une interdiction de quitter le territoire pendant vingt ans et, avant mon arrestation, j’ai subi un blocus numérique total durant cinq ans. En novembre 2025, j’ai été arrêté sous l’accusation fabriquée de tentative de coup d’Etat. Enfin, mon père, que je n’avais pas vu depuis mon arrestation, il y a six mois, est mort le 9 mai, et je n’ai pas été autorisé à assister à ses funérailles.

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