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Alexandre Bissonnette, le tueur de la Grande mosquée de Québec, demande à la cour d’autoriser son transfert dans un établissement à sécurité modérée car il estime subir « un traitement cruel et inusité » au centre de détention de Port-Cartier « où il est loin des siens [et] entouré de détenus très violents ».
Dans une requête d’abord déposée à Montréal, l’avocate d’Alexandre Bissonnette, Me Sylvie Bordelais, indique que « tous les professionnels qui [le] côtoient au quotidien, qui l’ont évalué de façon neutre et professionnelle, concluent qu’il peut être transféré dans un établissement à sécurité modérée ».
« Obliger un individu dont la santé mentale est fragile à vivre dans un endroit où certains détenus n’ont rien à perdre et peuvent vouloir se faire un nom en l’assassinant ne fait pas partie du mandat confié au Service correctionnel, avance la requête. Il importe que cette Cour intervienne pour faire cesser la détention illégale du requérant, qui est maintenu dans un milieu sécuritaire plus élevé que ce qu’il requiert. »
Alexandre Bissonnette a ouvert le feu pendant que les fidèles de la Grande mosquée de Québec procédaient à la prière du soir, le 29 janvier 2017. Son geste a tué six hommes et laissé 17 orphelins dans son sillage, un crime pour lequel il a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 2042.
Sa place n’est pas pour autant dans un établissement à sécurité maximale, estime la requête. Sa bonne conduite en détention et sa prise de « conscience des torts causés aux victimes et à leur famille ainsi qu’à sa propre famille » justifient, selon le document, son transfert dans un milieu plus hospitalier.
Refus le 9 mars dernier
Dans une décision rendue le 9 mars dernier, la direction de Port-Cartier a refusé le transfert du détenu dans une prison à sécurité moyenne. La requête prétend que l’administration pénitentiaire a appuyé son jugement sur les « gestes automutilatoires voire suicidaires » posés par Alexandre Bissonnette au cours de sa détention, et suggère que la direction de Port-Cartier veut surtout éviter la controverse.
Le refus de transférer le prisonnier se fonde sur « le souci pour l’autorité décisionnelle de ne pas faire face au tollé que susciterait un transfert hors de Port-Cartier », avance Me Bordelais. Elle accuse la direction de violer la Charte canadienne des droits et libertés en imposant à Alexandre Bissonnette un traitement « cruel et inusité » qui ne garantit pas « sa vie et sa sécurité ».
Le tireur de la Grande mosquée a débuté sa détention à Port-Cartier en septembre 2023 au terme d’un séjour de plus de quatre ans au Centre régional de santé mentale. Son transfert dans la prison où ont croupi le meurtrier en série Robert Pickton — lui-même assassiné en 2024 entre les murs de l’établissement — et le « dépeceur de Montréal » Luka Rocco Magnotta — lui-même transféré dans un centre pénitentiaire à sécurité moyenne en 2022 — a semblé difficile, selon les prétentions de la requête.
Dans une mise à jour de l’évaluation du risque psychologique d’Alexandre Bissonnette datée de 2025, le psychologue Christian Corriveau soulignait que « le changement d’environnement fut très difficile pour lui, notamment en raison de la médiatisation de son délit, qui a engendré de l’intimidation et de la violence de la part d’autres détenus ».
La requête souligne que le même psychologue estimait, dès 2021, que Bissonnette « méritait une cote de sécurité modérée ».
Malgré cette recommandation, « [Alexandre Bissonnette] a été dirigé vers Port-Cartier, à des centaines de kilomètres de ses parents qui le soutiennent depuis son incarcération », déplore la requête.
La cause, transférée au palais de justice de Québec le 28 avril, sera entendue dans ce même district.


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