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Un service de santé winnipégois dit avoir trouvé une pilule contenant du flualprazolam, un actif proche du Xanax, mélangé à du fentanyl pour la première fois au Manitoba.
L’échantillon analysé par Street Connection illustre une tendance croissante dans le marché des drogues vendues dans la rue. On y trouve des mélanges de différentes substances toxiques, parfois combinées de manière imprévisible.
Les médecins doivent alors soigner des patients sans connaître exactement les substances auxquelles ils ont été exposés, selon ce qu'explique la directrice du service des dépendances du Centre des sciences de la santé, la Dre Erin Knight.
Cette dernière ajoute que les soins sont souvent incomplets ou insuffisants à cause de ces mélanges imprévisibles. Le traitement qui est généralement donné aux consommateurs de fentanyl sera limité si la substance est mélangée à un tranquillisant, fait valoir la médecin, qui constate que la combinaison est répandue dans les produits vendus à Winnipeg et au Canada.
Des stupéfiants plus puissants et plus nocifs
Également responsable médicale à la Clinique d’accès rapide aux traitements des dépendances, Erin Knight souligne aussi que la puissance des drogues ne cesse d’augmenter. Elle prend pour exemple la méthamphétamine, très différente de ce qu’elle était il y a une dizaine d'années.
Cette drogue de synthèse fait son retour après avoir été remplacée pendant la pandémie de COVID-19 par le fentanyl, un opioïde 100 fois plus puissant que la morphine. Aujourd’hui, bon nombre de toxicomanes consomment ces deux stupéfiants, d’après Erin Knight.

La Dre Erin Knight est médecin spécialiste des dépendances à Winnipeg et directrice médicale des services de traitement des dépendances au Centre des sciences de la santé.
Photo : Gracieuseté d'Erin Knight
Le codirecteur médical du Centre de la Colombie-Britannique sur la consommation de substances psychoactives, le Dr Paxton Bach, note l’émergence de nouveaux produits sur le marché depuis cinq ans. Parmi eux se trouvent des tranquillisants pour animaux, comme la médétomidine, dont la consommation peut avoir des effets nocifs considérables.
Ces produits hautement toxiques augmentent les risques de surdoses et de crise épileptique. Les consommateurs qui sont pris en charge en soins intensifs en gardent souvent de graves séquelles, observe Erin Knight.
Les difficultés de la prise en charge
L’évolution du marché de la drogue crée également une hausse de la dépendance chez les consommateurs, explique la Dre Knight. La médecin winnipégoise n'est pas en mesure d'indiquer si les demandes d’aide ont augmenté, car son service est déjà saturé et ne peut pas accueillir tous les patients.

Le codirecteur médical du Centre de la Colombie-Britannique sur la consommation de substances psychoactives, le Dr Paxton Bach
Photo : Gracieuseté de Paxton Bach
La recherche en médecine se retrouve elle aussi dépassée par les nouvelles substances, avance le Dr Paxton Bach. Les mélanges de produits rendent la recherche d’un traitement qui fait consensus plus longue et plus difficile.
Chaque semaine, chaque mois ou tous les six mois, je découvre une substance dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, souligne le Dr Paxton Bach.
Entre janvier 2016 et décembre 2025, le gouvernement fédéral a fait état de plus de 50 000 morts liées à une intoxication aux opiacés. Le Bureau du médecin légiste en chef du Manitoba dit avoir recensé 141 décès présumés liés à la consommation de substances entre janvier et avril 2026.


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