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- 7-Octobre, trois ans après 7-Octobre, trois ans après 7-Octobre, trois ans après
Tribune
Alain Dieckhoff
directeur de recherche au CNRS
Dans une tribune au « Monde », le chercheur tire le bilan, à l’international et en interne, des opérations guerrières lancées par le gouvernement israélien. Selon lui, le pays risque une « délibéralisation » accélérée, notamment si Benyamin Nétanyahou reste au pouvoir après les élections législatives du 27 octobre.
Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min.
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Trois ans après l’attaque terroriste du 7-Octobre et le déclenchement d’une confrontation armée menée par Israël sur « sept fronts » – Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, Irak, Iran, Yémen –, comme Benyamin Nétanyahou se plaît à le souligner, il est possible de tirer des bilans sur différents plans.
L’un est géopolitique : avec l’élimination des plus hauts responsables du Hamas, du Hezbollah et de la République islamique d’Iran, Israël a modifié la situation régionale, mais ces succès tactiques n’ont pas procuré de gain stratégique décisif puisque tous ces acteurs demeurent, bien que diminués, bel et bien présents.
Un autre bilan, international, porte sur la situation d’Israël dans le monde. Il est cette fois clairement défavorable : bien qu’aucun pays arabe impliqué dans les accords d’Abraham n’ait rompu ses relations avec l’Etat hébreu – le Maroc et Israël ont même élevé leurs relations au niveau des ambassadeurs en septembre –, celles avec les grands pays d’Europe occidentale se sont nettement tendues, sans même parler de l’évolution de l’opinion publique mondiale en faveur de la cause palestinienne. Israël est fortement isolé sur la scène internationale, et ce n’est pas l’ouverture [en septembre] de l’ambassade de la République de Nauru à Jérusalem qui y change grand-chose.
Reste le bilan interne, que l’on pourrait formuler ainsi : qu’a fait la guerre à Israël ? Avant, il y a eu, bien sûr, le traumatisme originel du 7-Octobre, le massacre de 1 221 personnes et la prise en otage de 251 autres, qui ont suscité initialement une unité patriotique forte ainsi que la conviction – fausse – qu’il était légitime de recourir à un usage maximal de la force contre les Gazaouis, tenus pour être tous plus ou moins complices du Hamas.
La violence à grande échelle a été à la fois légitimée et banalisée : d’après les données de l’armée elle-même, 83 % des victimes à Gaza étaient des civils – soit 43 900 sur un total de 53 000 tués en mai 2025. Le premier ministre n’a pas craint de proclamer qu’Israël devait se transformer en « super Sparte », c’est-à-dire en un Etat à la fois plus autarcique économiquement et militarisé. Comme la cité grecque le fit dans l’Antiquité, Israël devrait donc recourir sans état d’âme à la manière forte et dominer militairement son environnement. Ce modèle guerrier peu séduisant en lui-même n’est pas non plus soutenable sur le long terme.
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