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Aires protégées : « On souhaite avoir l’ensemble des données »

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La MRC de Rivière-du-Loup a décidé de mettre sur pause sa participation à la concertation régionale sur l'appel à projets pour la création d'aires protégées au Bas-Saint-Laurent.

Les élus des 12 municipalités de la MRC dénoncent le partage au compte-gouttes des données par le ministère de l’Environnement, un obstacle majeur à la prise de décisions éclairées selon eux.

Il manque des données probantes qu'on demande depuis plusieurs mois. On souhaite avoir l'ensemble des données qui vont permettre à tous les participants de prendre une décision qui va être éclairée, qui va être appuyée, puis dans l'intérêt de tous.

« C'est pour ça qu'on suspend notre participation. Ce n’est pas parce qu'on ne croit pas à des projets d’aires protégées. On en a déjà appuyé dans le passé, notamment celles qui sont devenues les sept merveilles [du Bas-Saint-Laurent]», rappelle le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé.

Michel Lagacé

« À la MRC de Rivière-du-Loup, on a déposé un projet qui est plutôt vaste. Si on l'a déposé, c'est parce qu'on croit aux projets d'aires protégées, mais avec toutes les données », martèle Michel Lagacé, préfet de la MRC de Rivière-du-Loup. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel

Selon lui, cela prouve la capacité de la région à s'unir lorsqu'elle a accès à toute l'information.

Données probantes ou retrait définitif

Le message que lance la MRC de Rivière-du-Loup à la ministre de l'Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Pascale Déry, est sans équivoque.

En plus d’exiger les données et informations jugées indispensables à l’exercice de ses compétences en matière d’aménagement du territoire dans le cadre de ce processus de concertation, la MRC de Rivière-du-Loup demande un délai de trois mois pour analyser les données, le report des ateliers et de l'échéance des recommandations, ainsi qu'un droit de veto sur les projets touchant son territoire, sans quoi, son retrait deviendra définitif.

La ministre Pascale Déry.

Dans sa résolution adoptée en mai, la MRC de Rivière-du-Loup interpelle personnellement Pascale Déry, ministre de l'Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Paul-André St-Onge

Dans une réponse écrite à notre demande d'entrevue, le cabinet de la ministre réplique que cette démarche fait partie d'une vaste démarche et demeure d’une grande importance, puisqu’il s’agit d’une occasion unique pour les acteurs de différents horizons d’intégrer le savoir local à ce processus.

Ces échanges aideront à définir les statuts des futures aires protégées, ajoute-t-il.

Cohérence de l'état

De son côté, le Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL), maître d'œuvre de la concertation, maintient le cap.

Le processus, on le trouve solide et rigoureux. [...] Ça ne met pas le processus en péril, mais ça amène certains défis, certaines difficultés. Nous, on garde la porte ouverte aux MRC, aux industriels forestiers, s'ils veulent revenir, affirme son président, Patrick Morin, qui souhaite honorer les centaines d’heures que tous les acteurs du territoire ont investies dans le dossier.

Le directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin.

Patrick Morin, président du CREBSL, estime qu'il faut focaliser sur l'urgence d'avancer vers la cible de protection de 30 % du territoire québécois. « Des processus gouvernementaux imparfaits, c'est pas le premier, puis c'est pas le dernier qu'on va traverser. » (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Véronique Duval

M. Morin attribue ces retards à un manque de cohérence de l'État plutôt qu'aux compétences des employés du ministère de l'Environnement.

L'an dernier, on a coupé dans le ministère de l'Environnement comme dans tous les autres ministères, de façon paramétrée, sans penser à l'effet que ça aurait sur la capacité du ministère de l'Environnement à livrer les promesses du plan Nature, c'est ça le problème, estime-t-il.

Ce que je dis aux MRC, [...] ce n’est pas tant de taper sur le ministère de l'Environnement, c'est de demander au gouvernement de donner au ministère de l'Environnement les moyens de nos ambitions en matière de protection de la diversité.

Le CREBSL continue de partager l'information au fur et à mesure qu'elle est disponible avec tous les acteurs, incluant les absents.

Il est toujours temps de réintégrer le processus pour prendre part à la conclusion, souligne M. Morin.

Pour protéger 10 % du territoire bas-laurentien

Les recommandations régionales sont attendues en novembre.

Nous, on tient le crayon, mais le processus est vraiment neutre. Dans la recommandation, on ne fait que transmettre ce que les gens nous disent. Ce sera vraiment issu de ce que les gens nous ont dit, et non pas de ce que CRE peut penser. C'est ça qui va être transmis au gouvernement, rappelle Patrick Morin.

Le processus passera ensuite à l'étape de l'analyse ministérielle, puis de la consultation publique.

Je pense que ce qu'on a de mieux à faire comme région, c’est de recommander au gouvernement le meilleur scénario possible, le plus acceptable pour le plus d’acteurs possible, avec le plus de gens à bord pour parfaire ce scénario, conclut le président du CREBSL.

Lac entouré de montagnes et dont on voit aussi le fond marin avec ses algues.

Le Lac de l'Est fait partie des territoires d’intérêts ciblés dans le cadre du projet des sept réserves de biodiversité du Bas-Saint-Laurent depuis 2013. (Photo d'archives)

Photo : JC Lemay Photo / SNAP Québec

Si les tous les projets aboutissent, le territoire protégé du Bas-Saint-Laurent passerait de 5 à 10 %. C'est un pas qui est raisonnable, c'est un pas qui est jouable, juge M. Morin.

Comme la MRC, il espère toutefois éviter les longs délais subis par les sept merveilles de la région, dont quatre qui attendent leur statut légal depuis les consultations de 2013.

Québec vise à protéger 30 % de son territoire d'ici 2030.

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