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L'intérêt des agriculteurs pour les drones de pulvérisation connaît une accélération remarquable au salon de l'agriculture Ag in Motion. Cette hausse de la demande survient dans la foulée d'une décision majeure de Santé Canada, qui a levé à la fin du mois de juin ses restrictions pour autoriser l'épandage par drone de pesticides et de fongicides homologués pour voie aérienne.
Pour les vendeurs d'appareils et les producteurs présents sur le site d'exposition situé près de Langham, en Saskatchewan, cette décision réglementaire change la donne sur le terrain.
Cela a littéralement ouvert les vannes, explique Ryan Crumly, qui représente la firme Titan Aero Drones. Nous avions près de 80 drones en stock et ils se sont tous vendus en l'espace de quelques jours.

Ryan Crumly, spécialiste des drones pour Titan Aero Drones, affirme avoir entendu de nombreux agriculteurs exprimer leur intérêt pour l'achat d'un drone pulvérisateur de pesticides en vue de protéger leurs cultures.
Photo : Radio-Canada / Maia Tustonic
Des avantages agronomiques et économiques majeurs
Les partisans de cette technologie soulignent ses multiples avantages par rapport aux méthodes traditionnelles d'épandage terrestre ou aérien (par avion et par hélicoptère). Contrairement aux aéronefs pilotés, les drones peuvent fonctionner de manière autonome, voler à proximité des lignes électriques ou des rideaux d'arbres et effectuer des vols nocturnes.
De plus, l'humidité abondante enregistrée au printemps dans les Prairies rend le sol particulièrement boueux, bloquant parfois les imposants pulvérisateurs motorisés dans les champs.
Sur le plan financier, la préservation des récoltes constitue un argument de poids. Greg Hill, agriculteur dans le sud-est de la Saskatchewan, explique qu'un pulvérisateur terrestre à roues étroites peut écraser des milliers de dollars de cultures dans un champ. Les drones éliminent complètement ce piétinement.
Automatisation et sécurité accrue du pilotage
Présent à l'événement, Kevin Van Dorp, de l'entreprise Edgar Spray Drones Canada, a fait la démonstration de la station d'accueil J150, une espèce de port automatisé de nouvelle génération pour les drones.
Le drone de pulvérisation revient se poser automatiquement dans sa station et se recharge en produits chimiques par le bas du réservoir, explique-t-il, ajoutant : Habituellement, le pilote doit s'approcher avec un tuyau, ouvrir une valve et risquer des éclaboussures de produits chimiques. Avec ce système, l'opérateur reste à distance en toute sécurité.
Kevin Van Dorp précise que ses appareils ont déjà couvert plus de 2400 hectares (6000 acres) cette saison-ci. Il note également que le souffle d'air généré par les hélices des drones remue le feuillage des plantes, permet une meilleure pénétration des produits sous les feuilles et réduit la quantité globale de produits chimiques nécessaire.
Une adoption progressive, mais inévitable
Bien que le coût initial d'un drone représente quelques dizaines de milliers de dollars – ce qui demeure inférieur aux centaines de milliers de dollars qui sont requis pour un pulvérisateur terrestre haut de gamme –, plusieurs agriculteurs font preuve d'une prudence mesurée.
Raymond Phillips, un agriculteur de l'Alberta au nord-ouest de Lloydminster, rappelle que l'investissement ne se limite pas à l'appareil : Il faut un système de mélange, un générateur et un permis de pilotage, précise-t-il.
Pour de nombreux observateurs et producteurs, malgré les défis logistiques qu'il reste, la pulvérisation par drone s'impose désormais comme une évolution incontournable du paysage agricole moderne.
Avec les informations de Rosalie Arseneault


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