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Me Félicité Esther Zeifman, avocate au Barreau de Paris et conseil des ayants droit de Martinez Zogo, a publié une déclaration publique fracassante. Visée par des campagnes de dénigrement qu’elle attribue directement aux médias d’Amougou Belinga, l’avocate refuse de reculer. Son message est court dans son intention : elle ne lâchera pas ce dossier. Et elle explique pourquoi les attaques dont elle fait l’objet la confortent, plutôt qu’elles ne l’ébranlent.
Une déclaration qui ne laisse rien dans l’ombre
Me Zeifman ne mâche pas ses mots. Depuis qu’elle a pris en charge la défense des intérêts de la famille Zogo, elle dit subir des pressions, des insinuations, des tentatives de déstabilisation et ce qu’elle appelle des tentatives de corruption, « à la hauteur des moyens financiers considérables de celui qui les commande », selon ses propres termes. Elle vise sans le nommer directement Amougou Belinga, patron du groupe L’Anecdote et mis en cause dans l’affaire du meurtre du journaliste Martinez Zogo, retrouvé mort en janvier 2023 à Yaoundé.
Le ton du texte est délibérément frontal. Pas de prudence rhétorique, pas de réserve d’usage. Elle écrit : « Ces attaques ne m’affectent pas parce qu’elles me confirment, chaque matin, que je défends la bonne cause. »
C’est du jamais-vu dans ce dossier, au moins sur la forme.
Elle va plus loin en formulant un raisonnement qui mérite qu’on s’y arrête : un innocent, dit-elle, répond par des arguments et des preuves. Un coupable acculé attaque ses adversaires. Elle conclut : « Ce que l’on me fait subir depuis l’ouverture de ce procès n’est pas une réfutation. C’est un aveu. »
Un soutien qui vient du terrain journalistique
Mathieu Nathanaël Njog, journaliste camerounais, a répondu publiquement à la déclaration de Me Zeifman. Son message touche à quelque chose de plus profond que la solidarité de façade. Il interpelle directement ses confrères qui, selon lui, se « mettent aux ordres » pour attaquer l’avocate, et leur rappelle une réalité simple : le média pour lequel ils travaillent ne sera peut-être pas toujours là. Lui cite Bibi Ngota et Samuel Wazizi, deux journalistes camerounais morts en détention, pour rappeler que la vulnérabilité dans ce métier n’épargne personne.
Ce type de prise de parole publique, de la part d’un journaliste local, reste rare dans ce pays. On ne sait pas encore combien de voix professionnelles oseront se joindre à lui.
L’affaire Zogo est jugée depuis plusieurs mois. Le procès suit son cours devant les tribunaux camerounais, et rien ne confirme à ce stade une date de verdict. Mais la pression, elle, ne faiblit pas des deux côtés.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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