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Les deux hommes ont été reconnus coupables de violences en réunion diffusées l’année précédant la mort en live de Jean Pormanove. Le décès de «JP» avait suscité une émotion nationale.
Deux ans d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de Naruto, 27 ans ; et dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de Safine H., 24 ans. Les deux streameurs, stars déchues de la plateforme controversée Kick, ont été condamnés ce mercredi 5 août par le tribunal correctionnel de Nice (Alpes-Maritimes) pour des faits de violences en réunion et provocation à la haine, au cours de l’année précédant la mort de Jean Pormanove, à l’encontre de ce dernier ainsi qu’envers deux autres personnes.
Les deux hommes ont cependant été relaxés des faits d’abus de faiblesse et de diffusion d’images violentes - le tribunal ne les considérant pas comme «les diffuseurs au sens juridique du terme». Les peines de prison sont en deçà des réquisitions du ministère public, puisque les deux hommes ne seront pas concernés finalement par du sursis probatoire - seulement simple. Lors de l’audience en juillet, le ministère public avait requis des peines de prison de 18 mois avec sursis probatoire pour Safine H., et 30 mois de prison dont un an ferme à domicile, avec bracelet électronique, pour Owen C., alias Naruto.
Amendes et bannissement numérique
Quadragénaire humilié et tourné en ridicule «car ses colères faisaient rire les spectateurs», Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme de «JP» avait trouvé la mort le 18 août 2025 au terme de douze jours entiers de direct. L’enquête sur les causes de sa mort avait néanmoins établi que son décès n’était pas relié directement au quotidien de violences et d’insultes qu’il subissait - ce qui explique un renvoi devant le tribunal correctionnel.
L’affaire avait éclaté en août 2025, provoquant une vague d’indignation face aux révélations de cette facette d’internet trouvant racine dans la petite commune maralpine de Contes, dans un «Lokal» où les caméras enregistraient des heures de «défis» pour le moins consternants envers des personnes visiblement vulnérables. Jets d’œufs, crachats, insultes, seaux d’eau versés, coups, gifles, cris, hurlements envers Jean Pormanove mais aussi un quadragénaire sous curatelle du nom de Coudoux, constituaient en effet le «contenu» produit par la chaîne qui réunissait près de 20.000 spectateurs quotidiens.
Amendes et bannissement numérique
Ce mercredi, dans un tribunal correctionnel toujours plein à craquer de soutiens d’Owen C., le jugement a été prononcé peu avant 14 heures ; Safine H. était, pour sa part, absent lors du jugement. Quelques commentaires réprobateurs ont été entendus à l’évocation du mot «coupable». Le jeune homme de 24 ans a également été déclaré coupable des faits de provocation à la discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de violences commises sur mineurs.
Une décision «largement favorable, qui tient compte des débats qui ont eu lieu et des explications qui ont été données», a réagi Me Fabien Carles, conseil d’Owen C. «Maintenant, à vous dire si mon client est satisfait : pas du tout, parce qu’il estime ne jamais avoir commis de violence sur ses amis. Comment envisager de se faire condamner là où il n’y a pas de victimes, pas d’ITT, pas de blessures ?», a interrogé la robe qui se «réserve le droit d’interjeter appel».
Au sursis s’ajoutent des amendes d’un montant de 15.000 euros pour Owen C., soit moitié moins que les réquisitions du parquet, et de 5.000 euros pour Safine H. - dans son cas, 15.000 euros avaient été requis. Un bannissement numérique d’une durée de six mois, également requis à l’audience, leur est appliqué.
«Système de maltraitance humaine»
Au mois de juillet dernier, le parquet de Nice avait qualifié de «système de maltraitance humaine», de «convergence de violences, d’abus de faiblesse», ou encore de «concept qui repose sur la désignation d’une catégorie de personne comme objet de mépris» l’utilisation de la plateforme Kick par les deux vingtenaires à des fins d’humiliation, soulignant que «le consentement n’efface pas l’abus de faiblesse : il le constitue».
Durant ces deux demi-journées d’audience, Owen C. s’était montré particulièrement offensif et offensé des reproches listés par le tribunal. Lui défendait le concept «d’une bande de potes», là «pour rigoler». «Je suis heureux d’avoir pu apporter de la joie et de la bonne humeur aux milliers de gens», avait-il ainsi glissé, main sur la hanche et sourcils levés en signe d’étonnement, entre deux prises de paroles impromptues. Son ancien comparse, Safine H., visiblement pris de remords, avait pour sa part péniblement réussi à justifier ce qu’ils jugeaient «drôle» dans la routine d’humiliations infligée aux victimes.


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