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L’accès au site sacré de Mbanya vire au bras de fer administratif à Douala. Sylyac Marie Mvogo refuse catégoriquement d’autoriser les dignitaires Sawa à y tenir le moindre rituel coutumier. Sa raison ? Paul Biya y a reçu des prières traditionnelles par le passé. Le préfet bloque le sanctuaire parce que le président y a marché, c’est du jamais vu dans les rédactions locales. Une position particulièrement rigide que le gouverneur Samuel Dieudonné Ivaha Diboua a tenté de désamorcer peu après, créant un sérieux malaise au sein du commandement territorial.
Le sanctuaire réservé et le précédent d’Ebolowa
Face aux chefs traditionnels du canton Akwa rassemblés devant lui, le chef de terre n’a pas mâché ses mots. L’autorité préfectorale affirme ne nourrir aucun problème contre les traditions locales sur un autre espace. Mais toucher à cette parcelle précise relève, selon sa lecture administrative stricte, d’un domaine réservé qui échappe à sa compétence directe. Il cite d’ailleurs son expérience passée dans le département de la Mvila vers 2020, où un arbre moabi planté en hommage au chef de l’État reste interdit d’accès à la population locale.
Pour lui, la règle s’applique à l’identique sur les rives du Wouri.
L’administrateur renvoie directement les gardiens de la tradition vers le secrétariat général de la présidence de la République pour obtenir une dérogation. Les dignitaires locaux doivent donc écrire à Yaoundé s’ils espèrent fouler cette terre.
Désaveu du gouverneur et blocage pour le sacre Akwa
Cette fin de non-recevoir tombe au plus mauvais moment, à environ 15 jours du grand sacre coutumier de Louis Din Dika Akwa prévu le 10 octobre 2026. La communauté attendait mieux pour préparer cet événement dynastique sans friction inutile. Le gouverneur du Littoral est monté au créneau pour calmer le jeu, assurant publiquement que le rite d’onction se déroulera en paix. Cette contradiction frontale entre deux hauts commis de l’État pose question sur l’arbitrage réel des affaires locales. Rien ne confirme à ce stade quelle autorité aura le dernier mot avant la cérémonie. Difficile de ne pas y voir un conflit d’autorité larvé qui dépasse largement le cadre des rites ancestraux.
Le Ngondo maintient pour l’instant son programme initial sur les berges fluviales. Reste à savoir si les injonctions venues du sommet de l’État permettront d’éviter un blocage physique le jour de l’intronisation.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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