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Par Le Figaro avec AFP
Le 20 juin 2026 à 19h56
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Trois magistrats ont condamné jeudi Erik Tegnér à six mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les données d’avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par Frontières dans un hors-série.
Passer la publicité Passer la publicitéUn magistrat du tribunal de Bobigny a annoncé samedi avoir porté plainte «auprès du service spécialisé en charge d'identifier toutes les personnes» qui le menacent, depuis la condamnation jeudi d'Erik Tegnér, fondateur du média identitaire Frontières. «J'irai jusqu'au bout de la procédure contre toutes celles et ceux qui, publiquement ou anonymement, m'ont menacé ou ont relayé des infos erronées», a écrit sur X le juge Youssef Badr.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait auparavant «condamné fermement» sur X «les attaques racistes et les menaces dont un magistrat de Bobigny fait l'objet sur les réseaux sociaux». «En France, quand on n'est pas d'accord avec une décision, on fait appel. J'apporte à ce magistrat tout mon soutien, et le ministère est à ses côtés pour le soutenir», a écrit le garde des Sceaux.
Erik Tegnér à six mois de prison avec sursis
Une formation collégiale de trois magistrats a condamné jeudi Erik Tegnér à six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour avoir divulgué les données (nom, prénom, ville où ils exercent) d'avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par Frontières dans un hors-série. Présentés comme des «coupables cachés du chaos migratoire» tirant profit d'un «business juteux», ces avocats avaient ensuite été visés par des commentaires haineux sur les réseaux et des menaces.
«Loin de se limiter à une présentation neutre», le magazine a usé à maintes reprises au fil de ce numéro spécial d'une «rhétorique virulente» en dressant «une liste accusatoire et stigmatisante», a indiqué le président du tribunal dans son délibéré. Les motivations du jugement n'étaient pas immédiatement disponibles.
Messages virulents
M. Tegnér avait dénoncé dès jeudi sa condamnation comme «une totale dinguerie», en disant qu'«on est en train de criminaliser la critique de l'immigration». Il avait appelé ses abonnés sur X et soutiens à «se mobiliser». Des vagues de messages virulents avaient ensuite visé le magistrat ayant présidé l'audience correctionnelle.
Samedi, M. Tegnér a réagi au dépôt de plainte du juge en publiant une nouvelle vidéo sur X, enjoignant à ses soutiens de «continuer», tout en leur demandant de «rester polis». «Parce que si à la fin, on est condamnés, c'est parce qu'il y a toujours deux petits cons qui font des insultes et des menaces de mort, donc ça, faut arrêter», a-t-il lancé.
Lui-même a de nouveau vivement mis en cause le magistrat, lui reprochant de mener un «combat médiatique» à travers des prises de position «pour la diversité» dans la justice. Ancien porte-parole du ministère de la Justice, Youssef Badr a récemment été médiatisé comme président de l'association La courte échelle et auteur de l'essai «Pour une justice aux 1000 visages»


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