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Par Le Figaro avec AFP
Le 19 mars 2026 à 16h39
Saisie depuis 2013, la justice soupçonne le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour décrocher frauduleusement la gestion des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée), au bénéfice d’une filiale phare de l’époque, Bolloré Africa Logistics.
Passer la publicité Passer la publicitéLes avocats de Vincent Bolloré ont estimé «impossible la tenue d'un procès équitable» après le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de l’homme d’affaires breton dans l'affaire dite des «ports africains», dans un communiqué transmis jeudi à l'AFP. Ses avocats, Céline Astolfe et Olivier Baratelli, ont également annoncé faire appel de l'ordonnance des juges rendue mercredi «pour des motifs procéduraux».
Une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité
Saisie depuis 2013, la justice soupçonne le groupe Bolloré d'avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour décrocher frauduleusement la gestion des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée), au bénéfice d'une filiale phare de l'époque, Bolloré Africa Logistics. Mercredi, des juges d'instruction ont ordonné un procès devant le tribunal correctionnel pour corruption d'agent public étranger et complicité d'abus de confiance à l'encontre de Vincent Bolloré.
«Nous réaffirmons avec force que les opérations survenues il y a plus de 15 ans entre les groupes Bolloré et Havas, dont M. Bolloré n'avait pas connaissance, portant sur trois cent mille euros payés par chèques et passés régulièrement en comptabilité, s'inscrivaient dans le cadre normal des relations commerciales entre ces deux groupes», ont déclaré jeudi ses avocats. Pour éviter un long procès pénal, l’homme d’affaires breton ainsi que Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré de l'époque, et Jean-Philippe Dorent, directeur international chez Havas, avaient sollicité une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
Lors de l'audience publique en février 2021, ils avaient reconnu les faits et accepté une peine de 375.000 euros d'amende, mais la juge Isabelle Prévost-Desprez avait refusé de l'homologuer, renvoyant le dossier à l'instruction. Elle avait en revanche homologué une convention judiciaire d'intérêt public (Cjip) pour le groupe Bolloré, qui avait payé 12 millions d'euros d'amende contre l'abandon des poursuites. Pour les avocats de M. Bolloré, la CRPC non homologuée de M. Bolloré a porté une «atteinte irrémédiable» à sa «présomption d'innocence», rendant «impossible la tenue d'un procès équitable». «C'est à cet effet qu'a été formé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme qui a accepté de s'en saisir», ont-ils rappelé.


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