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Affaire Dany Leprince : «Enquête d’action» déprogrammée, W9 bouleverse sa grille en raison de l’actualité

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Au lendemain d’une décision de justice historique, W9 va diffuser ce vendredi soir un numéro spécial d’«Enquêtes criminelles» consacré à Dany Leprince. La condamnation pour un quadruple meurtre de ce dernier a été annulée par la Cour de cassation.

Coup de théâtre dans l’affaire Dany Leprince . Ce jeudi 2 juillet 2026, la Cour de révision a annulé la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité de cet homme reconnu coupable en 1997 du meurtre de son frère Christian Leprince, de sa belle-sœur Brigitte et de deux de leurs filles, Sandra, 10 ans, et Audrey, 6 ans. Les faits remontent au 5 septembre 1994, à Thorigné-sur-Dué (Sarthe), où les quatre victimes avaient été tuées à l’arme blanche à leur domicile. Seule la plus jeune fille de la famille, Solène, alors âgée de deux ans et demi, avait survécu au massacre.

Très rapidement après les faits, Dany Leprince, frère et voisin de Christian, était devenu le principal suspect. Les enquêteurs s’appuyaient notamment sur une reconnaissance de dette de 10.000 francs (environ 2.300 euros) signée de sa main, estimant qu’il aurait pu agir par jalousie envers la réussite professionnelle et financière de son frère. Les déclarations de son épouse Martine, de sa fille Célia ainsi que celles de la petite Solène avaient également pesé dans l’enquête.

À lire aussi Affaire Dany Leprince : pourquoi la Cour de révision a annulé la condamnation de celui qu’on surnommait «le Boucher de la Sarthe»

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Placé en garde à vue quelques jours après le drame, Dany Leprince avait fini par avouer au terme de 46 heures d’audition. Des aveux qu’il affirme, depuis, avoir été extorqués, avant de se rétracter une semaine plus tard, sans être entendu. En décembre 1997, il est condamné à la prison à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Après avoir passé 18 années en détention, il est libéré le 19 octobre 2012 sous bracelet électronique, avec l’obligation de ne pas s’exprimer publiquement sur son dossier.

Depuis la levée de son contrôle judiciaire, il n’a cessé de clamer son innocence. Après une première demande de révision rejetée en 2011, il dépose une nouvelle requête en mars 2021. En 2022, il publie le livre Ils ont volé ma vie (éditions Flammarion).

W9 diffuse en urgence « Enquêtes criminelles » sur l’affaire Dany Leprince

La décision rendue jeudi est exceptionnelle. Il s’agit de la treizième fois seulement dans l’histoire pénale française qu’une condamnation criminelle est annulée après révision. La Cour a également ordonné la tenue d’un nouveau procès devant la cour d’assises d’Angers. Dans ce contexte, W9  a décidé de bouleverser sa programmation. À 21h25, la chaîne diffusera exceptionnellement « Enquêtes criminelles : Dany Leprince, “Je ne suis pas un assassin” » .

Dans ce numéro du magazine diffusé une première fois en novembre 2023, le sexagénaire revenait sans détour sur cette affaire qui a marqué l’histoire judiciaire française. Il y évoquait l’acharnement médiatique dont il estimait avoir été victime, les éléments du dossier qui ont conduit à sa condamnation, mais aussi ses interrogations sur l’identité du véritable auteur des crimes. Accompagné de plusieurs spécialistes de l’affaire, il revenait sur les principales zones d’ombre d’un dossier criminel qui continue, plus de 30 ans après les faits, de susciter de nombreuses interrogations.

« Enquêtes criminelles : Dany Leprince, “Je ne suis pas un assassin” ». W9

« Les éléments à charge sont fragilisés, donc il y a un doute sur la culpabilité de Dany Leprince »

Le président de la Cour de révision

À la sortie du tribunal, Dany Leprince a réagi avec émotion : « Je remercie la Cour, mes avocats qui ont fait un super travail, mon épouse qui a pris part au travail. J’aimerais avoir une pensée pour ma famille disparue (…). Le combat continue et je suis déterminé non seulement pour le procès en révision mais également pour la vérité qui doit éclater », a-t-il confié. Pour justifier cette décision, la Cour de révision estime que plusieurs éléments à charge ayant conduit à la condamnation de Dany Leprince sont aujourd’hui fragilisés. « Les éléments à charge sont fragilisés, donc il y a un doute sur la culpabilité de Dany Leprince », a expliqué le président de la Cour.

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Parmi ces éléments figure notamment le témoignage de Solène Leprince, seule rescapée du drame. Âgée de seulement deux ans au moment des faits, elle avait été considérée comme un témoin important de l’accusation. Or, des expertises médicales, qui n’avaient pas été communiquées aux jurés en 1997, estiment qu’elle ne présentait aucun syndrome traumatique et qu’elle aurait pu être influencée par des conversations d’adultes.

Des témoignages remis en cause dans l’affaire Dany Leprince

La Cour souligne notamment que sa nourrice était proche d’un gendarme ayant participé à l’enquête. Autre point soulevé : les déclarations de Martine Compain, l’épouse de Dany Leprince. À l’époque, elle évoquait des pertes de mémoire concernant la soirée du drame. Plusieurs années plus tard, des experts psychologues ont toutefois conclu qu’elle ne présentait aucun trouble de la mémoire et qu’elle avait probablement simulé ces oublis. « L’appréciation qu’a portée la cour d’assises sur la sincérité du témoignage de l’épouse est donc remise en cause », précise le communiqué de la Cour de révision.

Interrogé par France Télévisions, Dany Leprince est revenu sur les circonstances de ses aveux. « Je viens de perdre quatre membres de ma famille. Je suis très abattu. Et quand, vers la fin de la garde à vue, il faut absolument trouver quelqu’un et ils sont venus me dire que ma femme m’a vu courir après mon frère avec une feuille de boucher. Et après, c’est ma fille qui a pleuré et c’est là que j’ai avoué », raconte-t-il. À la question de savoir ce qu’il s’est passé à cet instant, il répond simplement : « Je dis souvent, “ça ne se raconte pas, ça se vit” ».

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