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Le gouvernement de l’Alberta a « manqué à ses obligations » envers les employés de l’usine de transformation de viande bovine de Cargill à Hay River, au sud de Calgary, lors de la pandémie de COVID-19.
Ce sont là les conclusions d’un rapport (nouvelle fenêtre) (en anglais) de l'institut de recherche Parkland de l’Université de l’Alberta, à Edmonton, portant sur l’éclosion massive de cas de COVID-19 qui avait frappé cette usine en 2020 et au cours de laquelle deux employés et quatre contacts étroits étaient décédés.
Au moins 950 employés de l’entreprise, soit près de la moitié de ses effectifs, avaient été testés positifs au virus. Bui Thi Hiep, 67 ans, et Benito Quesada, 51 ans, étaient les deux employés qui en étaient morts.
Selon les auteurs du rapport publié lundi, les éléments de preuve montrent que cette tragédie était évitable.
Ils précisent qu’ils se sont appuyés sur des milliers de pages de documents obtenus grâce à des demandes d’accès à l’information, ainsi que sur une analyse de documents accessibles au public et d’entretiens ciblés.

Devin Dreeshen, qui était à l'époque ministre de l'Agriculture, et d'autres responsables gouvernementaux auraient minimisé les risques auxquels étaient exposés les travailleurs de Cargill. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nathan Gross
La province invitée à faire son mea culpa
Le rapport conclut que c’est une combinaison de facteurs, dont une « défaillance réglementaire systémique », associée à l’inaction et à un excès de confiance des autorités provinciales, notamment le ministère du Travail et Services de santé Alberta (AHS), qui a conduit à la circulation massive du virus parmi les employés de Cargill à Hay River.
Les auteurs du rapport exhortent ainsi le gouvernement de l’Alberta à faire amende honorable et à présenter ses excuses aux employés de l’usine.
C’est ce qu’a indiqué Sean Tucker, auteur principal du rapport et par ailleurs professeur de santé et de sécurité au travail à l’Université de Regina, en Saskatchewan.
Notre première recommandation est que le gouvernement de l’Alberta présente ses excuses aux employés de Cargill pour les graves lacunes constatées dans ses interventions.

L'usine de Gargill à High River a été l'un des plus importants foyers d'éclosion de la COVID-19 en Amérique du Nord. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Primes de présence
Alors que Cargill peinait à faire face aux difficultés de recrutement, l’entreprise avait offert une prime unique de 500 dollars pour la présence au travail, ainsi qu’une augmentation de salaire horaire de 2 $.
Certains, compte tenu de leur situation, allaient travailler même lorsqu’ils étaient malades, affirme Sean Tucker, notamment parce qu'ils n’étaient pas admissibles à la Prestation canadienne d’urgence.
Le rapport indique que les caractéristiques des usines de transformation de la viande, notamment les basses températures, la promiscuité, l’humidité et une ventilation insuffisante, ont contribué à la propagation du virus.
De nombreux employés avaient confié à CBC/Radio-Canada qu’ils avaient des craintes liées aux mesures de distanciation physique mises en place dans l’usine.
Ils avaient également fait part de leurs inquiétudes quant au fait qu’ils se sentaient contraints de reprendre le travail en pleine pandémie.
Dès début avril 2020, la santé publique provinciale avait été informée de cas positifs au sein de l’usine à High River.
Face à la propagation du virus, le président du syndicat représentant les employés a demandé la fermeture immédiate de l’usine.
Le 20 avril, Cargill a annoncé la fermeture temporaire du site.

Face à la propagation du virus, le syndicat représentant les employés avait demandé la fermeture immédiate de l’usine. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Dan McGarvey
Le rapport soutient que les agences albertaines chargées de la sécurité au travail et de la santé publique ont failli à leur devoir de protection des employés de Cargill en raison d’inspections superficielles, d’une mauvaise coordination et d’un manque de contrôle de l’application des règles.
On peut affirmer que les pressions politiques, la déférence envers la santé publique, la négligence et l’incompétence ont toutes contribué à cette tragédie.
Le gouvernement de l’Alberta a fait savoir qu’il examinait le rapport dans son intégralité et qu’il tiendrait compte de ses conclusions.
L'entreprise Cargill a indiqué avoir constaté pour sa part que le rapport ne mentionnait pas les nombreuses mesures qu'elle avait prises durant cette période extrêmement difficile pour les employés et la communauté de High River.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Joel Dryden


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