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Par Victorien Cosson
Publié le 07/09/2026 à 19h11, mis à jour le 07/09/2026 à 19h47
Intermédiaire du président américain pour gérer le dossier du pétrole au Venezuela, Alejandro Betancourt est un homme d’affaires qui traîne derrière lui plusieurs affaires financières compromettantes.
Passer la publicité Passer la publicitéIl est l’homme derrière le «plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale» d’après la fanfaronnade de Donald Trump. Dix jours après la conclusion de la concession obtenue par Washington d’environ 65 milliards de barils de pétrole vénézuélien, la personnalité d’Alejandro Betancourt se dévoile peu à peu.
Le nom du Vénézuélien, né en 1980 dans la capitale Caracas, a été cité par plusieurs médias américains comme étant le nouvel interlocuteur des Américains au pays de l’or noir. Les États-Unis ont en effet investi dans l’entreprise North American Blue Energy Partners (NABEP), dont Alejandro Betancourt est l’actionnaire principal.
«Le vice-roi de Donald Trump au Venezuela»
Une participation à hauteur de 35% au capital de la société - deuxième fournisseur national de pétrole avec une production allant de 150.000 à 180.000 barils quotidiens - qui propulse l’homme d’affaires au centre des relations entre Washington et Caracas.
Le Financial Times ne s’y trompe et le décrit comme le «vice-roi de Donald Trump au Venezuela», un signe de son importance future dans les relations commerciales entre les deux partenaires. Le bras droit sud-américain du 47e président des États-Unis a également opéré un rapprochement avec Delcy Rodriguez. La présidente par intérim du Venezuela l’aurait consulté à plusieurs reprises sur la relance de l’industrie pétrolière du pays selon le journal espagnol El País. Betancourt agit ainsi comme le dénominateur commun de cette relation économique.
Ce nouveau proche du locataire de la Maison-Blanche est considéré dans son pays comme un «bolichicos» (un «bolibourgeois»), en référence aux jeunes hommes de la génération de la révolution bolivarienne d’Hugo Chávez devenus milliardaires en obtenant des contrats publics très lucratifs avec le soutien du gouvernement. Betancourt a notamment bénéficié de sa proximité avec le chef d’État, à la tête du pays de 1999 à 2013
Accusé de corruption et de multiples infractions fiscales
Avant de se spécialiser dans l’hydrocarbure, Alejandro Betancourt a d’abord opéré dans la fourniture d’électricité. La société Derwick Associates de Venezuela SA, qu’il a fondée en 2010, a ainsi gagné douze contrats en 14 mois dans la construction de centrales électriques avec à la clé une surfacturation de 2,9 milliards de dollars. La justice vénézuélienne a fini par ouvrir une enquête, en 2015, pour tenter de démontrer ses irrégularités, mais celle-ci n’a pas abouti.
Sept ans plus tard, Tareck El Aissami, alors ministre du pétrole, pointe à son tour l’implication d’Alejandro Betancourt dans un système de corruption. Cette fois-ci, il aurait participé au détournement de 4,85 milliards de dollars des fonds de Petróleos de Venezuela SA (PDVSA), la compagnie pétrolière publique qui a produit trois millions de barils par jour à son apogée, dans les années 90.
Une intervention américaine dans l’une des enquêtes
Le natif de Caracas s’est retrouvé dans le viseur de la justice européenne avec des enquêtes pour corruption dans au moins cinq pays durant ces 15 dernières années. En septembre 2025, les autorités espagnoles l’accusent de blanchiment d’argent et d’infractions fiscales. Le «bolichico» est arrêté puis libéré sous caution.
Il est à nouveau appréhendé quelques mois plus tard après un mandat d’arrêt international émis par la Suisse pour des détournements de fonds auprès du géant pétrolier PDVSA. L’homme d’affaires n’est finalement pas inculpé et reçoit même l’autorisation de voyager librement alors qu’il faisait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire britannique où il résidait alors. D’après les informations du Washington Post, l’administration Trump aurait joué un rôle en intervenant dans l’enquête pénale suisse.
Ces ennuis judiciaires ne l’empêchent désormais pas d’occuper un rôle central dans cet accord d’ampleur. Avec Alejandro Betancourt aux commandes de ses nouvelles capacités énergétiques, Donald Trump va tenter d’exploiter le sous-sol vénézuélien. La présidente Delcy Rodriguez se rejouit déjà d’un «potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l’État».


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