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Adèle Lubaki, modèle pour des entrepreneurs issus de l’immigration

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L’épicerie internationale Baobab a récemment déménagé dans un nouvel emplacement à Moncton. Un espace qui est trois fois plus grand que l’ancien local devenu trop exigu pour répondre aux besoins d’une communauté issue des quatre coins du monde.

À sa création il y a 11 ans, l’entreprise se faisait livrer de la nourriture africaine de Montréal ou de Toronto. Aujourd'hui, elle en importe de plusieurs pays africains. Elle a même réussi à diversifier ses offres en y ajoutant des produits et accessoires de beauté africaine.

Tout ceci, grâce à la vision d’une femme de 64 ans, Adèle Lubaki, qui lorgne désormais l’Amérique Latine et l’Europe.

Il n'y a pas d'âge, seulement il faut la détermination et la persévérance pour arriver à quelque chose. La business, c’est pas un parcours facile, affirme-t-elle.

Un parcours qui inspire

Sans peut-être le savoir, Adèle Lubaki force l'admiration dans la communauté immigrante. Et plusieurs jeunes entrepreneurs originaires d’Afrique la citent en exemple et la considèrent comme un modèle.

C’est le cas de Esther Ibang, fondatrice de ComVie Marketing, une agence en communication et conseil et Kassi Tanoh qui, lui, est cofondateur de Cocoa and Fusion Food, une compagnie spécialisée dans le développement de produits à base de cacao.

Une personne debout dans une pièce.

Kassi Tanoh, cofondateur de Cocoa and Fusions Food

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

La première veut s’inspirer d’un tel parcours et le second, à l’image de Baobab, rêve de grandeur pour son entreprise qui fait ses premiers pas dans le monde agroalimentaire.

En tant que mère de quatre enfants qui a pu commencer une entreprise dans un écosystème où il n'y avait pas beaucoup de joueurs et qui a pu vraiment, au fil des années, évoluer pour être rendue là ou elle est aujourd’hui, c’est vraiment une inspiration pour moi qui vient de démarrer comme entrepreneure, s’émerveille Esther Ibang. 

Dans cinq, dix ans, on se voit en train de bâtir des usines, faire des choses, comme Mme Adèle Lubaki, employer les gens dans la communauté, ajoute Kassi Tanoh.

L’épicerie Baobab, un carrefour communautaire

Le Baobab est un arbre géant d’Afrique subsaharienne à l'ombre duquel des villageois se retrouvent pour diverses raisons. À Moncton, l’épicerie fine est un lieu incontournable pour la communauté africaine immigrante. Plusieurs de ses membres viennent y chercher souvent leurs premiers emplois.

Une fresque murale.

Un marché à l'ombre d'un Baobab à Moncton, une fresque murale réalisée par l'artiste Rotchild Choisy.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Je suis arrivé en 2023. Et j’ai commencé à travailler à Baobab en décembre 2023. J’ai fais 4 mois à la maison avant de commencer à travailler ici. C'est toujours le job étudiant que j’ai, je l'ai gardé. Ça se passe vraiment bien. Je dirai que ça m'a permis d’avoir ma petite liberté financière, raconte Manuella N’sougan, une employée.

A l’instar de cette étudiante, ils sont une vingtaine à travailler pour l’entreprise.

Une personne debout dans une épicerie.

Manuella N’sougan, une employée de l'épicerie Baobab

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Pour Hammed Soule, le gérant, cet emploi lui permet de se sentir comme chez lui au Togo.

Il y a plus de communautés qui viennent tous les jours. Les Africains viennent nombreux. Ce qui facilite l’intégration, précise-t-il.

Un projet né de la floraison d’étudiants étrangers

Adèle Lubaki résidait à Bathurst jusqu'en 2014. Et pendant ses virées à Moncton, elle constatait qu'il y avait toujours plus d’étudiants étrangers.

J’ai fait une étude de marché pour voir s’ils sont vraiment intéressés à manger africain. La réponse était positive, se souvient-elle.

Rien ne présageait pourtant le succès d’Adèle Lubaki qui, dit-elle, n'a reçu aucun soutien d’organismes gouvernementaux et à laquelle aucune banque n’a cru à ses débuts.

Aujourd’hui, un jeune qui veut ouvrir un business à une porte ouverte. Des organismes sont là pour l’accompagner. De mon temps, cela n’existait pas, affirme-t-elle.

Une personne debout devant une fresque murale.

Isabelle Doucet, représentante du Nouveau-Brunswick au sein de l'Organisation Internationale de Francophonie

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Ce modèle, le Nouveau-Brunswick entend le multiplier pour renforcer sa relation économique avec l’Afrique francophone.

De voir comment est-ce qu’on va travailler avec ses jeunes entrepreneurs issus de l’immigration pour favoriser davantage d’échanges ou de développer des produits qui seront fabriqués ici au Nouveau-Brunswick mais avec des produits à la base de d’autres pays. C’est tout ce qu'on est en train de brasser comme idée, envisage Isabelle Doucet, représentante du Nouveau-Brunswick au sein de l'Organisation Internationale de Francophonie.

Une décennie a suffi pour enraciner Baobab dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

L'entreprise se prépare désormais à étendre ses branches dans d’autres régions de la province.

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