Deux affiches placardées côte à côte dans une rue de Genève. Sur la première, une mère jette un regard attendri sur son enfant en train de jouer dans sa chambre, son ours en peluche à ses côtés. «Acheter [son appartement] si on le souhaite», lit-on, ou «rester locataire si on le préfère.» La scène idyllique est barrée d’un grand «OUI». Sur la seconde pancarte, l’ours en peluche gît, abandonné, au bord d’une rue détrempée. Sous l’image, le message est, lui aussi, explicite: «NON au retour des congés-ventes!» Une votation, deux lectures diamétralement opposées de ses effets.
Au bout du lac, une nouvelle bataille s’engage sur le terrain miné du logement. En apparence, la question posée à la population genevoise le 27 septembre semble simple: faut-il faciliter l’acquisition par un locataire de son propre logement? Fin 2025, la majorité de droite a fait adopter au Grand Conseil un assouplissement de la loi sur les démolitions, transformations, et rénovations de maisons d’habitation, la très contraignante LDTR, honnie par les milieux immobiliers qui la tiennent pour responsable de la paralysie du marché. A l’inverse, cette législation sans nulle autre pareille en Suisse représente un totem pour la gauche et l’Asloca, la garantie selon eux d’un parc locatif aux loyers abordables. C’est sans surprise qu’un référendum a été lancé.


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