L’acoustique du bâtiment entre dans une nouvelle ère. Celle-ci est portée par la montée en puissance des matériaux biosourcés et les exigences de confort des usagers. Ces solutions permettent désormais de concilier performance sonore, réduction de l’empreinte carbone et bien‑être au quotidien.
Matériaux biosourcés : de quoi parle‑t‑on ?
Les matériaux biosourcés sont issus de la biomasse végétale ou animale. Ainsi, ils sont composés de bois, de chanvre, de ouate de cellulose, de fibres textiles recyclées, de paille ou de liège. Ils s’imposent progressivement comme des alternatives crédibles aux laines minérales et aux mousses pétro‑sourcée.
Leur structure fibreuse et poreuse en fait d’excellents absorbeurs pour les bruits aériens et les réverbérations. Ils offrent également un bon déphasage thermique pour le confort d’été.
Performances acoustiques : mythes et réalités
Une idée reçue consiste à penser que les matériaux biosourcés seraient moins efficaces acoustiquement que les solutions conventionnelles. Les études disponibles montrent pourtant des courbes de performance comparables, à épaisseur et densité équivalentes, entre biosourcé et isolants classiques.
Ainsi, le chanvre s’impose comme l’un des isolants biosourcés phares grâce à sa structure alvéolaire. Celle-ci lui permet d’absorber efficacement les bruits aériens et d’impact, tout en offrant une très faible empreinte carbone.
Les laines de bois, ouates de cellulose et cotons recyclés combinent elles aussi isolation phonique, confort thermique et régulation hygrométrique. Elles sont donc particulièrement adaptées aux logements, ERP et bureaux à la recherche de solutions plus « saines ».
Quels sont les produits anti bruit biosourcés sur le marché ?
Les matériaux biosourcés peuvent être utilisés tel quels ou s’intégrer comme composant dans un produit. Dans les projets architecturaux, ils sont de plus en plus utilisés.
Bien souvent, les carreaux phoniques sont les produits préconisés en premier lieu. Ces produits, sous forme de dalles, permettent de répondre aux enjeux d’isolation et de réduction de la réverbération. En complément, l’un des produits les plus utilisés pour optimiser l’acoustique d’un open space reste la cloison phonique.
D’autres produits biosourcés peuvent s’intégrer dans des projets pour en améliorer l’acoustique tels que :
- Des toiles tendues
- Des rideaux phoniques
- Des cabines acoustiques
Des évolutions réglementaires
Les objectifs de décarbonation portés par la RE2020 et ses évolutions poussent de plus en plus maîtres d’ouvrage et architectes à intégrer des isolants biosourcés dans leurs projets.
En parallèle, la loi ELAN a inscrit la performance environnementale et le recours aux matériaux renouvelables comme objectifs structurants de la politique du bâtiment. Ceci pousse à privilégier les matériaux biosourcés dans les projets neufs et de rénovation.
Enfin, la loi AGEC impose aux acheteurs publics d’acquérir une part significative de biens issus du réemploi, de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées, avec un suivi chiffré spécifique. Elle est également de nature à renforcer l’achat de matériaux biosourcés.
Conclusion
L’essor des matériaux biosourcés marque un tournant majeur pour l’acoustique du bâtiment. Longtemps cantonnées à un rôle marginal, ces solutions démontrent aujourd’hui leur pleine maturité technique. Ceci en offrant des performances acoustiques comparables aux matériaux conventionnels.
Portées par les évolutions réglementaires et par une attente croissante de confort de la part des usagers, les solutions acoustiques biosourcées s’imposent progressivement comme des réponses globales conciliant efficacité sonore, sobriété carbone et qualité de vie. Leur intégration dans les projets ne relève plus de l’expérimentation, mais d’une approche durable et raisonnée de la conception des espaces.


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