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Accusé d’avoir incendié le drapeau israélien à Hampstead, il se présente en cour avec un chandail à l’effigie du Hamas

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Un Montréalais accusé d’avoir incendié à deux reprises le drapeau israélien devant l’hôtel de ville de Hampstead s’est présenté au palais de justice cette semaine en portant un chandail à l’effigie d’Abou Obeida, ancien porte-parole militaire du Hamas.

Le détail a été rapporté dimanche par la chroniqueuse Terry Newman du National Post, qui assistait au suivi de cette affaire impliquant Frédéric Biron Carmel, 40 ans.

Le choix vestimentaire est particulièrement frappant puisque le Hamas demeure officiellement inscrit par le gouvernement canadien sur la liste des entités terroristes en vertu du Code criminel. Son inscription a d’ailleurs fait l’objet d’un nouvel examen statutaire en juin dernier et a été maintenue.

Biron Carmel fait face à quatre accusations relativement à deux incendies survenus devant l’hôtel de ville de Hampstead en août 2025. Il est notamment accusé d’avoir commis un méfait motivé par la haine ou les préjugés, d’avoir incité à la haine envers un groupe identifiable, d’avoir causé des dommages par le feu et d’avoir possédé du matériel incendiaire dans l’intention de commettre un acte criminel. Il n’a pas été déclaré coupable à ce stade et son dossier demeure devant les tribunaux.

*Addendum — 7 septembre 2026 : Frédéric Biron Carmel affirme désormais que les éléments liés à la haine ne figureront pas dans l’acte d’accusation qui sera produit à la suite de l’enquête préliminaire. Il a transmis à Québec Nouvelles la capture d’un courriel qui semble provenir d’une procureure du DPCP et qui indique effectivement que «les éléments haineux ne se retrouveront pas dans l’acte d’accusation qui sera produit après l’enquête préliminaire». Le nouvel acte d’accusation n’a toutefois pas encore été rendu public ni vérifié indépendamment par notre rédaction.*

Le visage d’un porte-parole du Hamas

Selon Terry Newman, Biron Carmel portait lors de son passage devant la juge Silvie Kovacevich un chandail montrant le visage d’Abou Obeida, qui fut pendant des années le porte-parole masqué des Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Le Hamas est désigné par Ottawa comme une «organisation terroriste islamiste-nationaliste radicale». Sécurité publique Canada rappelle notamment que sa branche armée a dirigé l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, au cours de laquelle des civils ont été tués, blessés ou pris en otage.

Newman rapporte que le chandail n’était pas une tenue portée accidentellement une seule fois devant le tribunal.

Après qu’une membre de la communauté juive montréalaise eut publiquement demandé s’il était normal qu’un accusé puisse se présenter au palais de justice avec l’effigie d’une figure associée à une organisation terroriste, Biron Carmel lui-même a affirmé sur Facebook avoir déjà comparu devant au moins trois juges avec le même chandail.

Il s’est également vanté, selon Newman, de n’avoir reçu «[aucun] reproche ou commentaire» de leur part.

Deux incendies devant l’hôtel de ville

L’affaire remonte aux 22 et 25 août 2025.

La police de Montréal affirme que le drapeau israélien installé devant l’hôtel de ville de Hampstead avait été pris pour cible à deux reprises. Biron Carmel avait été arrêté le 26 août dans l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, avant de comparaître et d’être remis en liberté sous conditions.

Lors de son enquête préliminaire cette semaine, le tribunal a notamment entendu le policier Jean-François Cyr au sujet de la manière dont les enquêteurs avaient identifié le suspect.

D’après le compte rendu de Terry Newman, la preuve comprend des images de surveillance montrant un individu vêtu de sombre tentant d’abord d’asperger le mât devant l’hôtel de ville vers 1 h 47 du matin le 25 août. Après cet échec, l’individu serait revenu vers 3 h 06 et aurait cette fois réussi à mettre le feu aux drapeaux.

Les enquêteurs se sont également intéressés à une vidéo publiée sur les réseaux sociaux sous le titre Manifesto of the flag burner — «Manifeste du brûleur de drapeau».

La personne qui s’y exprime revendique l’incendie du drapeau israélien et soutient que les institutions qui choisissent de hisser ce drapeau s’associent elles-mêmes aux actions d’Israël.

Le message ne se limite pas à une dénonciation politique du gouvernement israélien : il justifie explicitement la destruction du drapeau par le feu et affirme que celui-ci mérite d’être réduit en cendres partout où il est hissé.

«C’est dans l’intérêt public»

Un autre élément inhabituel de l’audience rapporté par Newman concerne la publicité entourant la preuve.

Lorsque la juge Kovacevich a expliqué à Biron Carmel qu’il pouvait demander une ordonnance interdisant la publication de certains éléments présentés au cours de l’enquête préliminaire, celui-ci a refusé.

«C’est dans l’intérêt public», a-t-il répondu, selon le compte rendu du National Post.

Cette décision permet donc au public de prendre connaissance de plusieurs des éléments sur lesquels la poursuite entend s’appuyer.

La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a apparemment joué un rôle important dans l’enquête. Le policier Cyr a expliqué que les agents avaient ensuite retrouvé à la résidence de Biron Carmel un vélo et un casque ressemblant à ceux apparaissant dans les images.

Lors de l’arrestation initiale, le SPVM avait indiqué avoir saisi «divers éléments de preuve» à la suite d’une perquisition.

Un symbole qui dépasse largement la cause palestinienne

L’épisode du chandail ajoute désormais une dimension particulièrement provocatrice au dossier.

Il existe évidemment une différence fondamentale entre afficher son soutien aux Palestiniens, critiquer Israël ou réclamer la création d’un État palestinien, et choisir de porter sur soi le visage d’un représentant militaire du Hamas.

Cette distinction est d’autant moins théorique au Canada que le gouvernement fédéral maintient formellement le Hamas sur sa liste des organisations terroristes. L’inscription ne rend pas automatiquement illégal le simple fait d’arborer une image liée au groupe, mais le Code criminel interdit notamment de participer sciemment aux activités d’un groupe terroriste ou d’y contribuer lorsque cette participation vise à accroître sa capacité à faciliter ou à commettre une activité terroriste.

Dans le cas de Biron Carmel, aucune accusation de terrorisme ne découle actuellement du port de ce chandail.

Le geste demeure néanmoins remarquable dans son contexte : un homme poursuivi notamment pour incitation à la haine et pour l’incendie allégué du drapeau israélien devant l’hôtel de ville d’une municipalité comptant une importante population juive choisit de comparaître avec le portrait d’une figure militaire du Hamas — puis revendique publiquement son droit de continuer à le faire.

C’est précisément ce paradoxe que Terry Newman a mis en lumière dans le National Post.

Et il transforme une affaire d’incendie criminel allégué vieille d’un an en une question beaucoup plus actuelle sur les limites entre militantisme politique, glorification de groupes terroristes et comportement toléré jusque dans l’enceinte d’un palais de justice.

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