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Accident au champ de glace Columbia : défaillance mécanique et erreur humaine en cause

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Le renversement d’un autocar de tourisme, qui avait tué trois passagers en juillet 2020 sur une route menant au glacier Athabasca, au champ de glace Columbia, en Alberta, avait été provoqué par une défaillance totale du système de freinage due à un défaut d’entretien d’usage ainsi qu’à une erreur fatale du conducteur.

Dans un rapport d'enquête rendu public la fin de la semaine dernière, le juge Vaughn Myers, de la Cour de justice de l’Alberta, fait part d’une série de négligences catastrophiques qui ont précédé le capotage de l’autocar, qui transportait 24 touristes lorsqu’il a dévalé un talus escarpé avant de s’immobiliser sur le toit.

Les premières informations avaient fait état de 24 blessés, soit de l’ensemble des passagers qui étaient à bord de l’autocar, mais seuls 14 d’entre eux avaient subi des blessures graves.

Freins usés et rôle du chauffeur dans l’accident

L’autocar accidenté fait partie des types de moyens de transport communément appelés Ice Explorers. Il s’agit de grands autocars tout-terrain à carrosserie large et à trois essieux, adaptés aux terrains verglacés.

Ils sont conçus avec un freinage comprenant un verrouillage de la transmission destiné à aider le véhicule dans les descentes, mais uniquement si celui-ci est activé.

Les enquêteurs ont appris que, quelques instants avant l’accident, l’autocar descendait une pente raide connue sous le nom de Lateral Moraine Road. Il était alors au point mort et, en l’absence de force de ralentissement du moteur, il a accéléré pour atteindre une vitesse comprise entre 41 et 49 km/h.

Le conducteur a actionné les freins manuels, mais ceux-ci ont cédé en raison de graves défauts mécaniques. Il a donc perdu le contrôle du véhicule, qui a fini sa course sur un terrain rocheux situé en contrebas.

Selon le rapport, le conducteur a ainsi contribué à l’accident du fait que, pour des raisons inconnues, [il] a franchi la pente au point mort et sans activer la transmission à six roues motrices.

Défaut d’entretien du véhicule, une négligence fatale

Selon le rapport, une inspection menée après l’accident a révélé qu'une seule des six roues était en état de freiner en toute sécurité.

Les enquêteurs ont également découvert que, cinq jours avant l’accident, le conducteur avait signalé un problème majeur de freinage. Or, le défaut n’a été ni inspecté ni réparé, et n’a pas non plus été signalé dans les rapports quotidiens subséquents, et ce, alors même que cela faisait partie de la politique de l’entreprise.

De plus, l’enquête a constaté que les mécaniciens présents sur place étaient nouveaux et inexpérimentés, et qu’ils n’avaient pas reçu de formation adéquate pour entretenir des autocars touristiques de ce type

En résumé, les freins ont subi une défaillance catastrophique parce qu’ils étaient usés, mal inspectés et que les inquiétudes concernant leur fonctionnement n’avaient pas été prises en compte.

Les enquêteurs ont appris par ailleurs que l’autocar avait fait l’objet d’un entretien deux mois plus tôt à Wajax, une entreprise de réparation et d’entretien de véhicules poids lourds.

Le rapport d’inspection de Wajax indiquait que les freins étaient satisfaisants, mais les enquêteurs ont relevé de graves problèmes : il n’était pas daté et ne faisait pas référence à un véhicule spécifique.

Le juge Myers a par ailleurs mentionné l'absence de ceintures de sécurité parmi les facteurs en cause.

Les recommandations du rapport

Le rapport d’enquête recommande à l'entreprise Pursuit d’améliorer ses protocoles d’inspection. Il lui est notamment demandé de veiller à ce que les rapports d’entretien et d’inspection de ses véhicules soient datés, qu’ils détaillent précisément les travaux effectués et qu’une copie soit conservée à bord à l’intention des conducteurs.

Pursuit devrait également collaborer avec la Commission santé et sécurité au travail de l’Alberta (OHS) et le gouvernement provincial afin de mettre en place, sans tarder, un programme de formation destiné à tous les mécaniciens de sa flotte d’autocars.

Le juge a encouragé l’OHS et la province à mettre en place une procédure rigoureuse et normalisée d’entretien et d’inspection triennale pour les véhicules de tourisme tout-terrain, ainsi qu’une nouvelle politique relative aux rapports de défauts.

Pursuit affirme qu’elle a, depuis, mis en place d'importantes mesures de sécurité et qu'elle continue à collaborer avec les autorités compétentes pour s'assurer que ses pratiques répondent aux exigences que l'on attend de sa part.

La GRC n'a pas retenu de chefs d'accusation pénaux, mais Pursuit a plaidé coupable en 2023 à deux chefs d'accusation en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail de l’Alberta et s'est vu infliger une amende de 475 000 $.

Récemment, un autre autocar du même type s'est renversé au champ de glace Columbia, faisant un blessé.

Avec les informations de Wallis Snowdon

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