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Une femme de Trois-Rivières se désole de ne pas avoir été en mesure de faire soigner sa chienne, Hope, par un vétérinaire d’urgence. Son décès lui donnera la force de tenter de faire changer les choses.
Le 3 juillet dernier, Émilie Tellier a appelé le vétérinaire où Hope est suivie pour des convulsions. La réceptionniste lui aurait répondu que, malheureusement, la fin de semaine, il n’y a pas de service vétérinaire. Après quelques recherches, elle s’est rendue à l’évidence : elle ne trouverait pas de vétérinaire d’urgence près de chez elle.

Hope a vécu deux séries de convulsions dans ses dernières heures.
Photo : Radio-Canada / Émilie Tellier
Elle s’est donc rendue au Centre vétérinaire Daubigny, à Québec, pour consulter un professionnel. Deux jours plus tard, le même scénario se répète. En trois jours, elle aura fait quatre allers-retours à Québec, pour finalement prendre la décision de la faire euthanasier.
J’avais mon chien en arrière qui était en train de convulser. Je n’étais pas en état de conduire.
Quelques jours plus tard, elle a posé sa question sur les réseaux sociaux : elle n’était pas seule. Plusieurs personnes affirment, dans les commentaires, qu’elles n’ont pas réussi à sauver leur animal de compagnie en raison de l’absence de vétérinaires le soir ou la nuit.
Plusieurs solutions possibles
D’après Me Nicolas Morello, président et fondateur de la communauté Droit animalier Québec, des solutions existent pour éviter ce genre de situation dans les petites comme les grandes municipalités.
Il faut qu’il y ait un assez grand bassin de population qui permet de soutenir la présence des médecins 24 heures sur 7 jours. Ce n’est pas dans toutes les villes que ces services sont offerts , explique-t-il. Par contre, d’autres moyens sont mis en place pour assurer un minimum de service.
Par exemple, une garde partagée régionale, assurée par plusieurs cliniques locales, pourrait assurer une présence d’urgence et desservir plusieurs municipalités à la fois. Certaines cliniques offrent également des consultations téléphoniques ou virtuelles d’urgence pour donner des conseils ou évaluer brièvement les animaux. À certains endroits, comme à Montréal, il y a même des services ambulanciers pour animaux.
Un combat de longue haleine
L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) est conscient de la problématique que vivent plusieurs municipalités. C’est d’ailleurs un combat qu’il mène depuis plusieurs années.
Pas plus tard que le 8 juillet dernier, les membres de l’OMVQ ont reçu un avis pour leur rappeler leur obligation déontologique de contribuer à l’accès aux services d’urgence.
On sait que ça peut créer de la détresse et du stress chez les gens et les animaux quand ils ne sont pas disponibles. On a proposé à nos vétérinaires d’essayer de faire des comités régionaux ou des ententes régionales avec les municipalités pour aider à ouvrir des locaux pour permettre l’accès à ces services-là… Ou le partage d’équipement, parce que ça prend quand même pas mal d’équipement pour offrir des services d’urgence , explique le président de l’OMVQ, David Quirion.
Du travail de sensibilisation est aussi fait dans l’ombre pour promouvoir la télémédecine. De plus, l’Ordre tente d’offrir un accès plus efficace à des permis temporaires restrictifs pour permettre à plus de vétérinaires de pratiquer au Québec.
L’objectif est qu’il y ait plus d’ententes entre les propriétaires de cliniques, les vétérinaires, les municipalités et les organismes d’ici deux ou trois ans, d’après M. Quirion.

Émilie Tellier a tenté de consulter, la journée même, la clinique vétérinaire où sa chienne, Hope, est inscrite, sans succès.
Photo : Radio-Canada / Émilie Tellier
Pour Émilie Tellier, le combat commencera par la rédaction d'une lettre aux élus concernés, puis par le lancement d'une pétition si rien ne bouge.
Avec les informations de Félix Ouellet


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