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OPINION. À Drummondville, obtenir un rendez-vous médical pour un enfant malade est devenu quasiment impossible, à moins que la situation ne soit jugée critique.
Je suis maman de jeunes enfants et je vis actuellement une situation que beaucoup de familles d’ici reconnaîtront. Mon enfant a fait près de 10 jours de fièvre, avec une otite évidente. Malgré cela, aucun rendez-vous n’a pu être obtenu à Drummondville ni dans les environs.
J’ai tenté Rendez-vous Santé Québec à de nombreuses reprises, à différentes heures, en élargissant jusqu’à 100 km de rayon. Résultat : zéro disponibilité.
Les cliniques sans rendez-vous sont saturées dès l’ouverture; la ligne téléphonique est occupée et lorsqu’on arrive à parler à quelqu’un, on nous dit de rappeler le lendemain matin à 8h, que les plages pour la journée sont comblées. Le 811 nous considère comme des »codes violets », donc pas urgents du tout dans un système saturé, et finit par nous diriger vers l’urgence.
Par désespoir, j’ai même eu recours à une téléconsultation privée, au coût de 136 $. Pourtant, malgré ce paiement, on m’a simplement renvoyée à l’urgence, en raison de l’âge de ma fille. Autrement dit, même en payant, l’accès aux soins de première ligne nous est refusé.
Est-ce normal qu’une infection courante chez les enfants, normalement simple à traiter, oblige les parents à se rendre à l’urgence, après avoir tenté – sans succès – toutes les autres options, publiques comme privées?
À Drummondville, l’accès à la première ligne semble réservé aux cas extrêmes. Pour le reste, les familles attendent. Elles attendent trop longtemps, pendant que la fièvre persiste, que nos enfants souffrent et que l’inquiétude augmente.
Les parents ne demandent pas des soins spéciaux. Ils demandent un accès minimal, humain, raisonnable. Pouvoir consulter un médecin avant que la situation dégénère. Pouvoir soigner une otite sans encombrer les urgences.
Cette lettre n’est pas politique. Elle est le reflet d’un problème bien réel dans notre région, vécu silencieusement par trop de familles.
À Drummondville, actuellement, si ton enfant ne “va pas assez mal”, il n’y a pas de place pour toi dans le système.
Myriam Guignard, une maman de Drummondville
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