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Contraints de transporter leurs bêtes sur des centaines de kilomètres pour les faire abattre, les producteurs bovins de l’Abitibi-Témiscamingue obtiennent un répit : Ottawa s'apprête à lancer un projet pilote de deux ans pour les laisser utiliser un abattoir ontarien voisin.
Sur le terrain, cette mesure est toutefois perçue comme un simple pansement à un problème de longue date.
L'initiative imminente de l'Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) s'adressera à certains producteurs locaux, pour un petit nombre de bêtes.
C’est une partie de la solution, mais ça ne pourra pas [être que ça]. Il faut qu'on ait un abattoir, a lancé le président du syndicat des producteurs bovins de la région, Vincent Boisvert, à l'émission Des matins en or.
Faute d'installations régionales, les éleveurs doivent actuellement se tourner vers le sud de la province ou procéder à l’abattage directement à la ferme. Cette dernière option complique la mise en marché, puisqu'elle oblige l’acheteur à acquérir la carcasse dans son entièreté.
Pire encore, les producteurs du Québec qui ont déjà recours aux services d'un abattoir en Ontario n'ont tout simplement pas le droit de rapporter leurs produits dans leur province pour les vendre. Ils doivent se contenter de consommer la viande eux-mêmes.
Un projet d'abattoir dans les cartons
C'est pourquoi le milieu se mobilise pour régler le problème à la source. Vincent Boisvert a bon espoir qu’un abattoir additionnel verra le jour dans la région au cours des prochains mois. Ça avance tranquillement. On a un groupe de producteurs qui travaillent là-dessus avec un promoteur, confie-t-il.
Lors d’une visite survenue le mois dernier, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, a lui-même signalé avoir rencontré un propriétaire intéressé à développer un abattoir provincial. J’ai proposé quelques pistes d’avancement. C’est un dossier que je vais suivre particulièrement, avait mentionné M. Martel lors de cette visite.
Ce dossier est également porté politiquement par le député fédéral d’Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Lemire, qui milite de longue date pour la création d’une telle infrastructure dans la région.
L'hiver dernier, il avait d'ailleurs vertement critiqué l’aide fédérale accordée aux abattoirs halal et casher, déplorant l'absence d'initiatives ciblées pour soutenir l'autonomie alimentaire des régions éloignées.


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