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À Washington, le Liban et Israël engagés dans leurs premiers pourparlers depuis plus de 40 ans

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Conséquences directes et tragiques de la guerre en Iran, les bombardements israéliens ont fait plus de 2000 morts et un million de déplacés au pays du cèdre.

Au Liban, les frappes israéliennes contre le Hezbollah ont fait 2000 morts et déplacé plus d’un million de personnes.

ANWAR AMRO / AFP

Au Liban, les frappes israéliennes contre le Hezbollah ont fait 2000 morts et déplacé plus d’un million de personnes.

Preuve qu’elles s’annoncent particulièrement difficiles, l’enjeu des discussions sera peu ou prou le même qu’il y a 40 ans. Pour la première fois depuis 1983, Israël et le Liban vont engager des pourparlers directs ce mardi 14 avril. Une rencontre organisée à Washington DC sous l’égide des États-Unis dans le contexte de l’enlisement du conflit au Liban.

Car si un fragile cessez-le-feu est en place entre Washington et Téhéran pour tenter de laisser une chance à la démocratie, Israël et les États-Unis ont clairement fait savoir que pour eux, la trêve n’incluait pas le Liban. Résultat : les frappes contre le Hezbollah, qui ont déjà fait plus de 2 000 morts et un million de déplacés au pays du cèdre, se poursuivent.

D’où les pourparlers de ce mardi, qui doivent en théorie permettre l’obtention d’un accord durable. Un but loin d’être atteint. Avant même la rencontre prévue à Washington, le chef du Hezbollah, formation islamiste alliée de l’Iran, Naïm Qassem, a réclamé son « annulation », dénonçant une « capitulation ».

Chacun son agenda

Une déclaration tout sauf anodine quand on connaît la place que devrait prendre le Hezbollah dans les échanges. Ces discussions doivent se dérouler en fin de matinée à Washington sous la médiation du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, avec les ambassadeurs israélien et libanais, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa.

Or chacun a son propre agenda. Du côté de l’État hébreu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a posé deux conditions aux pourparlers : le « désarmement du Hezbollah » et la recherche d’un « véritable accord de paix ».

Selon un responsable du département d’État (le ministère des Affaires étrangères américain), parlant sous couvert d’anonymat, les discussions ont pour objectif « de garantir la sécurité à long terme de la frontière nord d’Israël et à soutenir la détermination du gouvernement libanais à rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire et sa vie politique ».

Côté libanais, le président Joseph Aoun a dit espérer la conclusion d’un accord sur un cessez-le-feu, « dans le but d’entamer des négociations directes entre le Liban et Israël », techniquement en état de guerre depuis des décennies.

Les précédents accords n’ont jamais tenu

Autant d’objectifs qu’il faudra conjuguer. L’administration américaine insiste sur le désarmement du Hezbollah, regrettant que l’armée libanaise n’ait pas su ou pu le faire jusqu’à présent. Mais Washington se trouve entre deux feux, exigeant le respect de l’intégrité territoriale du Liban, tout en soutenant le droit d’Israël à se défendre.

Il va falloir « beaucoup d’imagination et d’optimisme pour penser » que le différend entre Israël et le Liban « puisse être résolu à Washington », souligne un ancien responsable israélien de la Défense. « Il sera très difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon dans le nord, très similaire à celle que nous avons à Gaza », dit-il sous couvert d’anonymat.

Israël prévoit d’établir une « zone de sécurité » dans le sud du Liban, que ses forces ont envahi pour éliminer selon eux la menace que le Hezbollah pose pour les habitants du nord d’Israël.

Un précédent cessez-le-feu avait été décrété en novembre 2024 mais Israël avait continué de pilonner les zones frontalières pour anéantir les positions du Hezbollah et neutraliser ses chefs. En mai 1983, l’accord de paix passé entre Israël et le Liban au terme des dernières négociations directes entre les deux voisins n’avait pour sa part tenu que quelques mois. Dès le mois de mars suivant, le gouvernement libanais l’avait révoqué.

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