A Saint-Malo, on distingue le local du visiteur à la qualité de l’équipement de pluie, laquelle est inversement proportionnelle à l’importance que celui ou celle sous le ciré accorde à la météo. Ce vendredi 23 octobre, il pleut sur Nantes et sur toute la Bretagne, colère résiduelle du passage de la tempête Austen, qui a mis à bas quantité de barrières, oriflammes et même quelques tentes du village départ de la Route du Rhum. Les 115 bateaux amarrés dans les bassins du port ont tenu le choc, les plus gros avec le renfort de semi-remorques et camions-poubelles réquisitionnés pour prêter le flanc et servir d’abris.
La nuit a été rude, prémices d’une course qui promet de l’être tout autant, quelles que soient la taille du bateau et la grandeur des espérances. Sur le quai cohabitent pour quelques jours encore petits et gros budgets, amateurs éclairés et professionnels entourés, monocoques et multicoques, Class40 de 12 m et trimarans – les bien nommés Ultim – de 32 m de long sur 23 m de large. Il y a les stars et ceux qui goûtent les embruns à crédit. Ceux qui logent au calme, loin du bruit et des microbes, et ceux qui dorment déjà à bord. Ceux qui dînent le soir avec les invités d’un sponsor et ceux qui cassent la graine. Chacun a son histoire, sa raison d’être là, son bagage maritime, ses sponsors: une grande banque nationale, une bonne cause ou la dépanneuse Simoun.


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