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À quoi ressemble le quotidien quand on travaille dans une mine d’uranium?

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Le géant saskatchewanais Cameco a arrêté temporairement des opérations de la mine d’uranium de Cigar Lake, située à 660 km de Saskatoon. Cela fait suite à un problème opérationnel survenu à l’usine de traitement de l’uranium McClean Lake d’Orano. Avant cette suspension, la mine a ouvert ses portes pour une visite et une immersion dans le quotidien de ses travailleurs.

Chaque matin, les mineurs montent dans une cage en métal qui fait office d’ascenseur et peut accueillir exactement 20 personnes. Ils entament alors une descente plus longue que celle de l’Empire State Building aux États-Unis, pour se rendre au cœur de la mine construite de murs en pierres, de tuyaux et de fils électriques.

Pendant la descente, les travailleurs allument leur lampe frontale alors que l’ascenseur vibre et grince. Tout équipement jugé trop gros est démantelé et réassemblé une fois en bas.

Au cœur de la mine, les travailleurs parcourent, à pied, à bord de lève-palettes ou de chargeurs à direction à glissement, un dédale de tunnels sculptés dans de la pierre d’un gris terne et bordé de lumières et de tuyaux. L’air ventilé circule dans les couloirs accompagnés d’une certaine odeur de diesel.

L'uranium se trouve juste au-dessus du lit de pierres qui constituent le plafond des tunnels. Les travailleurs ne rentrent jamais en contact avec l’uranium à cause de sa radioactivité.

L'extraction se fait grâce à un système de forage à l’eau sous pression. Une perceuse, dite rhino, fraie un passage vers le minerai par lequel une tige de projection injecte de l’eau à haute pression. La pression de l’eau coupe le minerai en plus petits morceaux.

Le processus permet d’obtenir un mélange d’uranium, d’eau et d’autres roches qui sera stocké dans une zone de rétention. Une fois l’opération terminée, les trous sont rebouchés à l’aide de ciment pour préserver la stabilité structurale du tunnel. Des boulons géants marquent les anciens trous percés.

Le mélange d’uranium est ensuite traité dans des usines à proximité et transformées en concentré. Cameco vend le produit final à des acheteurs en Ontario, aux États-Unis, en Europe et en Asie pour produire de l’énergie nucléaire.

Un mineur dans un tunnel de la mine de Cigar Lake en Saskatchewan, le 15 juin 2026.

La mine de Cigar Lake produit 8 millions de kilogrammes par an. La production est suffisante pour alimenter le réseau électrique de la province pendant 22 ans. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Pour garantir la sécurité des mineurs, des compteurs surveillent le taux de radiations. Des codes de couleurs permet de lancer l’alerte : vert veut dire que tout est maîtrisé, jaune, que des vérifications doivent être faites, et rouge, que la mine doit être évacuée.

Si un feu se déclenche, un gaz odorant sera diffusé pour alerter les mineurs.

Selon Cameco, un employé est exposé à très peu de radiations par an, en moyenne moins que dans la majorité des tomodensitogrammes.

Pour garantir la protection de l’environnement, l’eau utilisée pour les opérations est traitée et testée avant d’être acheminée vers le lac Waterbury. Les autres déchets sont stockés dans des sacs et utilisés par la suite pour remplir des tunnels.

Le quotidien des employés

La mine de Cigar Lake est l’une des plus riches en uranium du monde. Elle emploie près de 400 travailleurs, dont des contractuels.

Cessa Fern est une employée de la mine. Cette étudiante-technicienne en radiation était réticente à l’idée de travailler à Cigar Lake avant sa première descente dans la mine, mais elle y a appris à prendre son mal en patience.

Elle se souvient de la fois où elle avait peur de se rendre dans l'un des coins les plus effrayants de la mine pour recueillir un échantillon d’air. Après une discussion avec sa superviseure, elle a fini par y aller.

J’ai prélevé l’échantillon d'air même si j’avais peur, raconte Cessa Fern.

Pour Cessa Fern, travailler à la mine est une affaire de famille. Son grand-père, Victor Fern Sr., et son père Victor Fern Jr. y travaillent aussi. Victor Fern Sr. explique que le secteur minier est l’un des seuls à offrir de bonnes possibilités de travail dans le nord de la province.

Selon Cameco, 45 % des employés sont des résidents du nord de la Saskatchewan, dont et 46 % sont Autochtones. L’entreprise a signé des accords avec les Premières Nations de la région.

Taryn Roske travaille dans la mine depuis plus de 16 ans. Elle passe en moyenne 13 heures par jour sous terre à guider le système de forage à l’eau sous pression. Elle est la première et la seule femme à être opératrice de cette machine.

J’essaie de prouver que, être une femme, cela ne veut pas dire être incapable de faire ce travail-là.

Le Canada est le deuxième producteur d’uranium dans le monde. Toute sa production provient de trois mines dans le bassin d’Athabasca, dans le nord de la Saskatchewan.

La mine de Cigar Lake produit 8 millions de kilogrammes d'uranium par an, soit une production suffisante pour alimenter le réseau électrique de la province pendant 22 ans.

Avec les informations de La Presse canadienne

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