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À quelques jours du scrutin, Radio-Canada est allé à la rencontre d’électeurs de la circonscription de Charlevoix Côte-de-Beaupré.
Dans Charlevoix, l’indécision est bien présente parmi les personnes rencontrées. Et surtout, tous ne choisissent pas selon les mêmes critères : le candidat local, le chef, le parti, valeurs personnelles ou encore poids politique de la région.
À la Malbaie, difficile d’échapper au dossier qui a marqué la politique régionale des dernières années: la modernisation de l’hôpital.
Attablé dans un restaurant du centre commercial, un groupe d’électeurs continue d’avoir des doutes malgré le feu vert donné par Québec en juin et l’assurance de Christine Frechette que le projet de modernisation est « irréversible ». À l'évidence, les reports successifs des dernières années ont laissé des traces. Encore cette semaine, la Société québécoise des infrastructures a repoussé de nouveau l’ouverture des appels d’offres de quelques jours.
Jocelyn Maltais, envisage de voter pour la députée sortante, Kariane Bourassa, notamment en raison de l’avancement du projet. Mais l’idée d’un changement de gouvernement l’inquiète.
Nous autres avec l’hôpital de La Malbaie, on va-tu rester sur la tablette?
Un autre membre du groupe, Marcel, regarde plutôt ce qui se passe sur le terrain et utilise cette image: T’as vu ? Y’en a pu de machinerie sur le site, y’ont fait des tas de terre pis c’est resté là… des tas de terre, c’est pas long à déménager
Albert Chiasson, ancien candidat à la mairie de La Malbaie n’a aucune hésitation. Souverainiste, il votera Parti Québécois. Il estime que le gouvernement caquiste a laissé un dégât . Et il souhaiterait que le prochain député de Charlevoix-Côte-de-Beaupré fasse partie du gouvernement.

Albert Chiasson base son choix sur l'avenir du Québec
Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet
Au cégep, les regards se tournent vers le Québec
Quelques kilomètres plus loin, le discours est fort différent.
Au Centre d’études collégiales en Charlevoix, les jeunes rencontrés réfléchissent évidemment à la représentation de leur région, mais leur choix dépasse largement les frontières de la circonscription. Alycia Maltais a voté par anticipation. Elle a fait son choix en écoutant des vidéos des partis politiques sur les médias sociaux.

Alycia Maltais et Laurye Simard affirment que le débat régional, présenté au Cégep, a été utile pour elles.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet
C’est un peu des deux, répond elle lorsqu’on lui demande si elle pense davantage à Charlevoix ou à l’ensemble du Québec. Elle préfère garder son vote secret tout en avouant suivre le mouvement des gens
Laurye Simard, originaire de Notre-Dame-des-Monts, étudie en soins infirmiers. Elle choisira en fonction de ses priorités, soit la santé et l’éducation.
J’aime beaucoup la politique et je vais prendre ma décision en vue que la région soit bien représentée, je fais plus mon choix en fonction de l’avenir et de mes valeurs.
Vincent, étudiant au Cégep, est aussi indécis et affirme parler beaucoup de politique avec son groupe d’amis, dont plusieurs hésitent également: j’ai 18 ans, c’est mon premier vote, on prend notre temps, c’est une belle expérience .
Dylan Couturier de La Malbaie et Julianne Beaulieu de Baie-Saint-Paul ont beaucoup apprécié le débat régional des candidats qui a eu lieu au Cégep, ils ont fait leur choix lors de l’événement et sans le révéler, ils disent avoir apprécié la qualité des candidats. Dylan confirme que sa décision est davantage orientée par les chefs et la vision des partis.

Les deux jeunes électeurs ont fait leur choix en fonction de leurs valeurs personnelles
Photo : La Presse canadienne / Frédéric Audet
À Clermont, le vote devient plus personnel chez deux électeurs plus âgés rencontrés par Radio-Canada. Lise Simard était indécise jusqu’à la dernière minute. Elle a travaillé pendant 30 ans dans un CLSC et avoue avoir voté finalement avec son cœur.
Je ne suis pas séparatiste, j’ai voté une fois quand c’était Pauline Marois parce qu’elle était dans Charlevoix
De son côté, Ulric Harvey, qui a été président du CA de la résidence pour aînés des Patriotes de Clermont, a gardé son vote secret, mais il affirme être très reconnaissant du travail de certaines personnes qui l’ont aidé à sauver la RPA.

Ulric Harvey de Clermont est satisfait du travail fait depuis 4 ans dans le dossier des finances de la RPA des Patriotes
Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet
Dernière étape charlevoisienne, le centre commercial Le Village de Baie-Saint-Paul. Mario Simard réfléchit à voix haute, disant observer une perte d’influence politique de la région.
Est-ce qu’on vote pour le parti ou on vote pour la personne, on le sait plus. Comme on parle, c’est la Côte-de-Beaupré qui va décider, c’est pas Charlevoix.
Un autre électeur rencontré à Baie-Saint-Paul, Réjean Lajoie, est l’un des rares à avoir fait son choix sans hésitation : Kariane Bourassa, pour son bilan dans la région dit-il. Il ne croit pas aux chances de François Gariépy car il ne passera pas en haut dit-il, faisant référence à la Côte-de-Beaupré.
Sur la Côte-de-Beaupré, choix divisé
Difficile également de dégager une tendance parmi les électeurs rencontrés sur la Côte-de-Beaupré.
Rachelle, une enseignante rencontrée à Beaupré, apprécie le travail accompli localement par la députée sortante, Kariane Bourassa, mais pas suffisamment pour voter en faveur de la CAQ. Le Parti québécois l'attire également mais elle hésite devant la candidature locale de Francois Gariépy.
À Château-Richer, un employé de la Ferme la Châteloise est lui aussi toujours indécis mais reconnait qu'il ne votera pas pour le candidat péquiste, François Gariépy. Il dénonce aussi le peu de place réservée selon lui au secteur agricole pendant la campagne et les débats.

Cet agriculteur dénonce le peu de place réservée selon lui au secteur agricole pendant la campagne et les débats
Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet
Le mot « changement » revient néanmoins à quelques reprises dans les conversations sur la Côte-de-Beaupré.
À Ste-Anne-de-Beaupré, Michel affirme sans hésitation qu'il votera pour le Parti québécois.Trois électeurs rencontrés dans le stationnement d'une station d'essence de Château-Richer évoquent eux aussi un désir de changement sans nécessairement spécifier vers quel parti ira leur vote. Julie estime pour sa part qu'elle et plusieurs personnes de son entourage pourraient se tourner vers le Parti conservateur du Québec.
Mais tous ne souhaitent pas tourner la page.
Rencontré à l'Ange-Gardien, Nicolas Pinette a choisi la continuité et votera pour Kariane Bourassa. Toutefois, la décision n'a pas été aussi simple que lors des élections précédentes.

Nicolas Pinette opte pour la continuité car l'offre des autres partis ne le satisfait pas encore
Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet
J'avoue que cette année, j'ai eu de la misère à me brancher, plus que d'habitude, je ne saurais dire pourquoi, peut-être parce qu'on sent une volonté de changer les choses.


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