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Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public en France.

KLAUDIA RADECKA / NurPhoto via AFP
L’entrée principale de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ici photographiée le 5 février 2026.
Elle a atteint « un point de rupture ». L’université Paris 1-Panthéon Sorbonne, en déficit depuis deux ans, ne se maintient à flot que grâce au « dévouement » de son personnel, a alerté ce mardi 10 mars sa présidente Christine Neau-Leduc.
« Nous arrivons à maintenir nos missions de service public, mais nous sommes en déficit et nous atteignons un point de rupture », a-t-elle déclaré sur France Inter à l’orée d’une journée de mobilisation contre le « sous-financement chronique » des universités.
« Ça tient sur la bonne volonté, sur le dévouement des personnels et là il y a un point de rupture de fatigue », a-t-elle ajouté. « On a la mémoire courte, mais les années Covid ont été très difficiles, il a fallu beaucoup d’investissements, de transformation sur nos enseignements (...) Et là, on est en bout de course ».
Cette bascule, si elle intervenait, pourrait signifier « accueillir moins d’étudiants » ou « réduire le nombre d’heures de cours », or « ce n’est pas du tout ce que l’on souhaite », a-t-elle insisté.
L’an dernier, l’université a d’ores et déjà été contrainte de faire des économies « sur l’achat des livres, sur la recherche : on a annulé des colloques, des missions, on a annulé du terrain pour nos étudiants », a-t-elle souligné.
Journée de mobilisation
Ce cri d’alarme est lancé à l’occasion d’une journée de mobilisation organisée par une intersyndicale de l’enseignement supérieur contre « les suppressions de postes dans le service public » et la « mise au pas des universités et des organismes nationaux de recherche par leur sous-financement chronique ».
Des rassemblements sont prévus devant le ministère à Paris à partir de 12h et devant les rectorats en région en parallèle d’assemblées générales dans les universités à l’appel de l’Unsa, la CFDT, la FSU, la CGT, Sud et des organisations étudiantes (Fage, Unef, Union étudiante et FSE).
Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public, une lecture contestée par le ministère de l’Enseignement supérieur qui reconnaît toutefois qu’un « certain nombre d’universités font face à des difficultés financières ».
Le ministère met notamment en avant le budget 2026 qui a validé « des crédits en hausse de 350 millions d’euros pour le ministère par rapport à 2025 ainsi qu’une augmentation de 725 millions d’euros des crédits de la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (Mires), qui s’élèvent à 31 milliards d’euros pour 2026 ».


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