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Cette mise en cause ouvre un nouvel épisode de la bataille judiciaire qui secoue la principauté depuis la publication, en 2021, des « dossiers du Rocher ».

L’avocat Thierry Lacoste, ami d’enfance et ancien conseil du prince Albert II de Monaco, a été mis en examen pour corruption et placé sous contrôle judiciaire, a déclaré samedi 5 septembre le parquet de Monaco. S’ouvre un nouvel épisode de la bataille médiatico-judiciaire ouverte par la publication en 2021 des « dossiers du Rocher ».

Thierry Lacoste avait été placé en garde à vue mercredi par la police de Monaco, qui enquête à la suite du dépôt d’une plainte du magnat de l’immobilier Patrice Pastor. L’affaire concerne un projet immobilier sur l’esplanade des Pêcheurs, qui avait été interrompu. L’Etat monégasque avait été condamné par le tribunal suprême local à verser 136 millions d’euros à l’entreprise monégasque Caroli, auxquels s’ajoutent les intérêts courant depuis 2018.

Le prince Albert II, à titre personnel, ainsi que l’Etat monégasque, s’étaient portés partie civile dans cette procédure. « A l’issue de ses auditions et après deux prolongations de sa garde à vue, [Thierry Lacoste] a été présenté au juge d’instruction ce matin, qui l’a inculpé des chefs d’association de malfaiteurs, corruption active sur un agent public national en bande organisée, trafic d’influence passif en bande organisée et blanchiment », a affirmé le parquet de Monaco dans un communiqué.

Une affaire qui secoue la principauté

Cette mise en examen « est une honte », a immédiatement réagi dans un communiqué le cabinet de M. Lacoste. « Basée sur un fatras d’accusations infondées, elle n’étonne malheureusement pas de la part d’une justice monégasque qui est de facto instrumentalisée au service des puissants depuis 2023, surtout vis-à-vis d’intérêts financiers hégémoniques qui ont suborné les cercles de pouvoir de la Principauté ces trois dernières années », a poursuivi son cabinet.

Ayant pris connaissance de la mise en examen de M. Lacoste, l’avocat du prince Albert II, Cyril Bonan, a déclaré que « toutes les personnes qui ont participé à ces agissements et à l’encontre desquels la justice considère qu’il existe des indices graves et concordants devront répondre de leurs actes et ne pourront décemment plus se faire passer pour des victimes ».

« Les chefs d’inculpation de nature criminelle retenus à l’encontre de Thierry Lacoste confirment la gravité des agissements dénoncés par M. Patrice Pastor depuis des années », ont réagi les avocats de M. Pastor, Antoine Vey et Richard Malka.

Dans ce dossier, l’ancien président du tribunal suprême Didier Linotte a lui-même été mis en examen en juin 2025 pour « prise illégale d’intérêt en bande organisée et corruption passive ». M. Linotte avait été le premier à être directement mis en cause par la justice monégasque à la suite de la parution en 2021 du site Internet intitulé « Dossiers du Rocher », où un corbeau accusait quatre anciens proches d’Albert II, dont Thierry Lacoste et Didier Linotte, de collusion.

En janvier dernier, un autre de ses proches, Claude Palmero, ancien administrateur des biens de la Couronne, a été mis en examen par la justice monégasque pour « violation du secret de l’instruction », à la suite de la découverte, lors d’une perquisition menée à son domicile peu après son limogeage, de procès-verbaux de procédures auxquelles il n’était pas partie.

M. Palmero a également été mis en examen en mars, sur plainte de la famille princière, pour « violation du secret professionnel et atteinte à la vie privée » pour des articles parus dans le Monde en janvier 2024.

Le Monde avec AFP