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Ces familles résidant dans la cité de La Castellane et dont l’un des fils a été condamné pour des faits de trafic de stupéfiants font l’objet d’une procédure d’expulsion par leur bailleur social. Une demande du préfet des Bouches-du-Rhône, qui s’appuie sur la loi narcotrafic.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est une première à Marseille, ville emblème de la lutte contre la drogue. Alors qu’une quarantaine de personnes liées à la DZ Mafia viennent d’être interpellées dans le cadre d’un vaste coup de filet, la justice passe en revue les premiers dossiers visant à expulser des familles liées au narcotrafic.
Comme révélé par nos confrères de La Marseillaise et confirmé au Figaro, deux familles résidant dans la cité de La Castellane font l’objet d’une procédure d’expulsion émanant de leur bailleur social Erilia. L’affaire a été portée devant un juge des contentieux et de la protection du tribunal de proximité de Marseille le 6 mars. Le délibéré devrait être rendu le 19 mai prochain, selon une source proche du dossier.
L’une de ces familles est composée d’une mère âgée d’une cinquantaine d’années et de ses quatre enfants. L’un des fils, un majeur qui résidait dans l’appartement, a été condamné l’an dernier pour des faits de trafic de stupéfiants. Conformément à la loi contre le narcotrafic et son «arsenal administratif», les préfets sont désormais en capacité d’enjoindre les bailleurs sociaux des mis en cause et de leur famille afin de résilier leur bail. Une mesure rendue possible lorsque sont constatés «que les agissements en lien avec des activités de trafic de stupéfiants de l’occupant habituel d’un logement troublent l’ordre public de manière grave ou répétée».
Une vingtaine de courriers envoyés à l’été 2025
«Cette loi est imprécise et ouvre le chemin à une expulsion pour toute la famille, alors qu’elle a toujours réglé ses loyers à échéance. Deux enfants, qui étudient, habitent toujours dans ce foyer, qui n’est pas un appartement nourrice. L’issue de cette procédure est incertaine et il serait déroutant qu’on les expulse sans possibilité de relogement», soutient Me Marilou Poisot, avocate de la mère de famille. «On sait aussi que cette décision est attendue à Marseille, étant donné que ce dossier fait partie des deux premiers qui sont plaidés au niveau de la juridiction marseillaise», assure le conseil, qui espère que l’expulsion de sa cliente et de ses enfants ne sera pas prononcée.
Contacté, le bailleur social Erilia a rappelé qu’il appliquait cette procédure d’expulsion en vertu de l’article 62-III de la loi n°2025-532 du 13 juin 2025. «Cette procédure vise à faire cesser l’utilisation de logements pour des activités liées au narcotrafic et à préserver la tranquillité des résidences et des autres locataires. Ce cadre législatif s’impose à l’ensemble des bailleurs sociaux et Erilia en applique strictement les dispositions lorsqu’une injonction préfectorale nous est adressée», explique le bailleur, qui n’a pas souhaité commenter l’affaire en cours. «L’appréciation des situations individuelles relève ensuite de la procédure judiciaire et du juge».
En septembre 2025, la préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, Corinne Simon, avait indiqué que ses services avaient transmis une vingtaine de courriers d’expulsion à des bailleurs sociaux du département dès le mois de juillet. Localement, la mesure avait été saluée mais aussi critiquée, certaines voix estimant qu’elle ouvrait le chemin à une «systématisation» des expulsions dans les quartiers gangrenés par le narcotrafic. «Ce type de procédure est sévère. Très peu de temps s’est écoulé entre l’assignation et la comparution», fait savoir une source proche du dossier, consciente du caractère politique de ces procédures pour la cité phocéenne.


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