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Bánh mì, bò bún, phở, café au lait concentré ou à la crème salée, pancakes au pandan… BMT vient d'ouvrir rue Pierre-Mauroy avec une carte très vietnamienne.
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Par Hervine Mahaud Publié le 2 oct. 2026 à 18h17
Après Paris, direction Lille. Nam Bui Thai et Liane Lewioda ont choisi la capitale des Flandres pour donner un nouveau départ à BMT (Banh Me Tender), leur concept mêlant coffee shop vietnamien et street-food faite maison. Installé au 147 rue Pierre Mauroy, à la place du restaurant Maboule, l’établissement a connu une préouverture pendant la Braderie avant d’ouvrir officiellement le 14 septembre 2026. Sur la carte, on retrouve les incontournables bánh mì, bò bún, phở ou nems, tandis que côté boissons, le couple veut surtout faire découvrir une culture du café encore assez méconnue en France.
Née à Paris, l’aventure Banh Me Tender se poursuit à Lille avec l’ouverture d’un coffee shop rue Pierre Mauroy
La genèse de BMT s’inscrit à plusieurs centaines de kilomètres de Lille. Nam Bui Thai, 42 ans, est né en France de parents originaires du Vietnam. Il rencontre Liane Lewioda, aujourd’hui âgée de 39 ans, lors d’un Erasmus en Écosse. Le couple s’installe ensuite à Paris pour ses études puis sa vie professionnelle. Lui travaille dans la communication, elle dans le marketing.
En 2015, le contrat de Nam avec son agence prend fin. « J’avais le champ libre pour me lancer et ouvrir un projet dans la restauration en rapport avec mes racines vietnamiennes. J’avais mis de l’argent de côté. » Liane travaille alors pour une entreprise qui accompagne notamment la communication de Netflix lors de son arrivée en France. Une opportunité professionnelle la conduit en Allemagne, mais l’expérience tourne court. Elle rejoint finalement Nam dans son projet.
Leur idée de départ ? Un coffee shop où l’on vient aussi écouter de la musique sur vinyle, avec une répartition des rôles bien définie. « Moi, je m’occupais du salé avec les bánh mì et les bò bún, et Liane faisait le sucré et les boissons », raconte Nam. Le premier Banh Me Tender ouvre rue du Faubourg du Temple, près de République. Le bouche-à-oreille fonctionne et l’adresse attire rapidement les salariés du quartier à l’heure du déjeuner.
« Les bánh mì et les bò bún ont cartonné. » Le couple ouvre alors une deuxième adresse parisienne, plus grande, permettant d’étoffer la carte avec notamment du phở et des nems maison.
Mais pour poursuivre le développement de BMT, Nam et Liane veulent quitter Paris. Ils cherchent une ville accessible en une ou deux heures de train et visitent notamment Bordeaux. C’est finalement Lille qui les séduit. « On n’a aucune attache à Lille. On a juste aimé cette ville qui bouge. Il y a plein de food, de restaurants, c’est dynamique et l’ambiance est très cool. On s’est dit qu’on se sentirait bien ici. »
Un obstacle bouleverse cependant leurs plans : leurs salariés parisiens ne peuvent pas les suivre. Entre-temps, le couple est également devenu parent d’un petit garçon. La décision est radicale : vendre les deux affaires parisiennes et repartir de zéro à Lille.
Des loyers du Vieux-Lille « plus chers qu’à Paris »
Encore fallait-il trouver le bon local. La recherche aura duré un an et demi. Le couple regarde d’abord du côté du Vieux-Lille. « Mais les prix des loyers sont plus chers qu’à Paris ! On a halluciné », raconte Nam.
Ils finissent par jeter leur dévolu sur l’ancien restaurant Maboule, rue Pierre Mauroy. Une surface volontairement contenue, une vingtaine de places à l’intérieur et autant en terrasse, un loyer jugé raisonnable et surtout un emplacement très central. « C’était idéal pour tester Lille. » Pour cette nouvelle aventure, les fondateurs ont décidé de pousser beaucoup plus loin la partie coffee shop vietnamien.
Café vietnamien au lait concentré ou à la crème salée
La carte fonctionne ainsi sur deux registres. Pour les cafés classiques, BMT s’est tourné vers le torréfacteur lillois Muda. Pour les cafés vietnamiens, les grains viennent de Hanoi Corner, qui torréfie à Paris.
Le couple veut notamment faire connaître le robusta, profondément associé à la culture du café vietnamienne. Le Vietnam occupe une place majeure dans la production mondiale : il est le premier producteur de robusta et fait partie, derrière le Brésil, des deux géants mondiaux du café.
Plus amer, avec notamment des notes chocolatées, le café vietnamien est traditionnellement décliné avec du lait concentré. Chez BMT, le cà phê đen, café filtre vietnamien, est proposé à 3,50 €. Le cà phê sữa đá, au lait concentré et servi glacé, et sa version chaude sont à 4,90 €. Plus surprenant, le cà phê muối, à 5,50 €, associe café, lait concentré et crème salée. Le cà phê bạc xỉu, sorte de latte vietnamien, est affiché au même prix.
Le pandan jusque dans les pancakes
Autre ingrédient que Nam et Liane veulent faire découvrir : le pandan, une plante très utilisée dans les cuisines d’Asie du Sud-Est, dont l’arôme peut rappeler la vanille et qui donne aux préparations une couleur verte caractéristique.
BMT l’incorpore directement à sa pâte à pancakes et propose également une pâte à tartiner maison à base de pandan et de lait de coco. Le week-end, les pancakes pandan, sucrés ou salés, sont notamment à la carte du brunch.
Le matcha n’est pas oublié : celui utilisé par le coffee shop vient d’Umami Paris. BMT en propose notamment une déclinaison au lait de coco.
Bánh mì, bò bún, phở et « big nems »
Pour manger, le couple n’a pas abandonné les recettes qui ont fait le succès de ses adresses parisiennes. À midi, on trouve notamment le bánh mì, à partir de 7,90 €, décliné au porc spécial, au bœuf, au poulet citronnelle, au tofu frit ou en version spicy tofu-avocat.
Les bò bún sont proposés entre 12 € et 12,90 € selon les recettes, avec notamment bœuf, porc citronnelle, poulet, nem porc-crevette ou nem vegan. Le cơm, plat à base de riz, crudités et protéines, se décline au bœuf, porc citronnelle, poulet citronnelle, poulet curry ou tofu curry. Le phở, bouillon de bœuf vietnamien avec nouilles de riz, est à 12,50 €. Les rouleaux de printemps sont roulés à la minute.
Et Nam insiste particulièrement sur les nems, baptisés ici « Big Nems » et vendus 3,90 € pièce. « Les nôtres sont assez costauds et ça plaît beaucoup. On ne fait pas de compromis sur la quantité de protéines », assure-t-il. Une manière aussi, selon lui, d’assumer un prix plus élevé qu’un nem industriel. Toute la cuisine est faite maison, promet le couple.
Un brunch vietnamien le week-end
Le samedi et le dimanche, BMT change de rythme avec une offre brunch. On peut notamment y goûter le bánh mì opla, garni d’un œuf au plat, ou le bœuf loc lac, composé de riz tomaté, bœuf sauté et œuf au plat, une assiette que Nam présente comme consommée au petit-déjeuner au Vietnam.
Pour le sucré, le couple propose ses pancakes au pandan mais aussi un « chè chuối chia granola XL » : granola maison, banane, lait de coco et graines de chia-tapioca, inspiré du dessert vietnamien chè chuối. Une formule brunch est proposée à 25 €, comprenant café ou thé, jus ou boisson, un plat salé et un sucré.
BMT teste également une ouverture les vendredis et samedis soir, avec notamment des tapas vietnamiennes à partager. Si la clientèle répond présente, ces soirées seront maintenues. L’objectif à terme est aussi de pouvoir recruter une équipe, comme le couple avait réussi à le faire à Paris.
Quelques semaines après l’ouverture, Nam et Liane se montrent confiants. « On a de très bons retours, des gens sont déjà venus plusieurs fois. Le but, maintenant, c’est de fidéliser. »
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